mardi 28 octobre 2008

La Lutte et l'utopie à la fin des temps philosophiques

de François Laruelle
Kimé,
2004



PRESENTATION
Le futur de la philosophie est problématique, mais une mutation de ses fonctions est possible.
Elle n'a été jusqu'à présent qu'une utopie du passé et ne rend de services que de conservation. Il faut l'introduire à une pratique d'utopie en acte, rigoureuse ou non imaginaire, philo-fiction voisine de la science-fiction. De là le double sens du mot d'ordre, du futur faisons table rase. Cette nouvelle destination est imposée par une messianité spécifiquement humaine, une eschatologie dans les limites de l'Homme-en-personne comme ultimatum anti-humaniste adressé à l'Histoire et à la Philosophie.
Platonisme, christianismes occidental et oriental, gnose, forment le contexte de discussion de ce programme. Occasionnellement ce livre éclaircit quelques problèmes fondamentaux de la non-philosophie et combat des résistances. La pensée qui se place sous le Nom-de-l'Homme a besoin d'être défendue.


TABLE DES MATIERES

INTRODUCTION : DE L'HOMME COMME ULTIMATUM ET COMME TESTAMENT
ABREGE DE LA NON-PHILOSOPHIE
ECLAIRCISSEMENTS SUR LES TROIS AXIOMES
PHILOSOPHABILITE ET PRATICITE
DU FUTUR FAISONS TABLE RASE OU DE L'UTOPIE COMME METHODE
L'ORGANISATION NON-PHILOSOPHIQUE INTERNATIONALE (ONPHI)
LA DROITE ET LA GAUCHE DE LA NON-PHILOSOPHIE
REBELLE DANS L'AME. UNE THEORIE DE LA LUTTE FUTURE




LECTURE ANALYTIQUE

LU-0.0.0. / INTRODUCTION : DE L'HOMME COMME ULTIMATUM ET COMME TESTAMENT

LU-0.1.0. / l'homme, une réponse sans questions

LU-0.1.1. / lorsqu'elles se placent seulement sous le signe du Nom-de-l'Homme, les questions "faut-il sauver l'humanité?" et "qu'entendre par humanité ?" ne ressortissent plus à la philosophie, car celle-ci les a toujours posées par rapport à elle-même ou quelques uns de ses fétiches (Dieu, Etre, Pensée...)
LU-0.1.2. / la gnose et plus récemment la science-fiction ont repris la question du destin de l'humanité, qui n'est plus celle de l'histoire de l'Etre ou de la fondation du Monde, mais la possibilité d'un Univers sans horizon pour l'homme en tant que "nomade du futur"
LU-0.1.3. / l’Homme n’est pas un ancien paradigme plus « performant » qu’il s’agirait d’exhumer, mais bien le paradigme performé du futur-en-personne, c’est-à-dire qu’il n’est pas le produit temporel d’une décision, mais le décidé même de cette décision
LU-0.1.4. / mais la non-philosophie aurait tort d’imiter des discours finalement marqués par la philosophie, fussent-ils plus « fictionnels » que celle-ci, et de renoncer à la technologie conceptuelle, ne serait-ce que pour l’utiliser et la transformer sous la dépendance exclusive de l’Homme, le seul qui détermine en-dernière-instance la forme de toute question et de tout discours – comme il est la réponse sans-question, l’Homme est le sauvé sans-salut, donc celui qui précisément n’a pas à être libéré ou sauvé, mais qui peut être une détermination négative et salutaire, sans domination ni positivité, pour un sujet aux prises avec le Monde
LU-0.2.0. / la messianité humaine. Inversion de l’eschatologie

LU-0.2.1. / le futur a une portée d’ultimatum pour les temps et le monde présents – c’est l’Homme-en-personne qui vient comme utopie au-devant de sujets destinés à se sauver du Monde pour le Monde
LU-0.2.2. / l’inversion non-philosophique de l’eschatologie correspond à une uni-version du Monde par l’Homme-en-personne, et plutôt moins qu’une inversion ou qu’une opération en général, son terrain déjà donné selon ce qui n’a pu être l’objet d’aucune donation ni d’aucune transformation : le Futur-en-personne
LU-0.2.3. / l’Homme est moins l’en-vers du Monde que l’en-Un sans-Monde uni-versé pour le Monde
LU-0.3.0. / des philosophies comme utopies du passé

LU-0.3.1. / la philosophie, soi-disant chasseuse d’utopie, est elle-même une utopie du passé qui se consacre surtout à sa propre survie en entretenant le mythe increvable de sa propre mort – elle insiste sur son mode propre qui est le harcèlement dans la pensée, le harcèlement pour se conformer à la production et à l’histoire
LU-0.3.2. / cette utopie trop mondaine et pas assez humaine, la non-philosophie veut la porter au rang de philosophie-fiction rigoureuse, consistant à fabriquer des utopies avec le matériel philosophique existant, mais des utopies négatives dépourvues de toute détermination positive
LU-0.3.3. / les énoncés non-philosophiques conjoignent un aspect d’axiome (mathématique) et un aspect d’oracle (philosophique) – leur style général est celui de la radicalité, c’est-à-dire les conditions minimales d’une pensée à la fois rigoureuse et féconde
LU-0.3.4. / aux utopies-mondes, la non-philosophie substitue des clones unilatéraux, les utopies-univers, dont le but est l’inversion radicale de la philosophabilité et de la forme-monde en général
LU-0.3.5. / c’est donc l’homme qui, en tant que titulaire d’un futur a-temporel, peut déterminer ces utopies – c’est le clone transcendantal qui en assume la mise en œuvre discursive
LU-0.3.6. / mais si elle est déterminée comme utopie, la non-philosophie se résout également à la lutte : identifier ces deux aspects constitue la tâche ultime pour « la fin des temps philosophiques »
LU-0.4.0. / la fin des temps philosophiques

LU-0.4.1. / il faut distinguer la philosophie comme discours ou institution et la pensée-Monde qui présuppose la philosophabilité du Monde – la fin de la philosophie n’est donc pas seulement la « sienne » perpétuellement fantasmée, mais bien celle des temps ou des âges en tant que déterminée par le Futur seulement
LU-0.4.2. / l’enfer désigne proprement le Principe de Monde suffisant, et nous devons, nous-les-futurs, en réinventer l’usage
LU-0.4.2. / les religions, les morales et les théories politiques n’avaient imaginé que des définitions intra-mondaines de l’enfer
LU-0.4.3. / nous concevons maintenant l’identité déterminante de tous ces enfers, non plus au nom du péché ou de l’Histoire mais au nom de la dernière-humanéité – un seul terme réunit la philosophabilité et le capital universel, c’est l’enfer du harcèlement
LU-0.5.0. / le passé philosophique de la non-philosophie

LU-0.5.1. / ce livre s’annonce comme travail de rectification et de recentrage de la non-philosophie sur l’Homme-en-personne, et plus particulièrement sur sa vocation utopique
LU-0.5.2. / l’occasion en est fournie par l’apparition récente d’un certain nombre d’interprétations ou de déviations qui sont autant de normalisations – il s’agit à la fois de défendre la non-philosophie contre les tentations conformistes des non-philosophes, et d’introduire la philosophie à un futur rigoureux
LU-0.6.0. / l’Homme-en-personne comme suspens de la chôra philosophique

LU-0.6.1. / la philosophie repose sur un effet général de chôra, un élément présupposé/oublié qui lui donne lieu et qui la voue irrémédiablement à la transcendance – au nom de l’immanence, la non-philosophie refuse la chôra et lui substitue l’Homme-en-personne – encore faut-il qu’elle ne recueille pas, à son corps défendant, l’héritage du présupposé méconnu, ce qui pourrait advenir si elle se contente de spéculer ou si elle traite seulement les effets de transcendance superficiels
LU-0.6.2. / on ne doit pas confondre les effectuations légitimes de la non-philosophie en fonction de ses différents matériaux, et celui de ses interprétations philosophiques, qui entendent remettre en question les axiomes alors qu’il s’agit simplement, à chaque fois, de les reformuler suivant la nature du matériau – l’interprétation dite "unilatérale", en non-philosophie, se limite à l’aspect "oracle" de celle-ci qui complète son aspect "axiome"
LU-0.6.3. / le fond de ces interprétations qui se voudraient divergentes, c’est le parricide, lequel n’est pas réitérable en non-philosophie
LU-0.6.4. / il faut défendre l’hérésie et l’utopie non-philosophiques contre toutes les interprétations précipitées, et préconiser la rigueur de la vision-en-Homme – en particulier ses aspects de « discipline » et de « lutte » ne doivent pas être caricaturés ni traités séparément
LU-0.6.5. / la détermination-en-dernière-humanéité, qui n'a par elle-même aucun contenu positif, est la faiblesse constitutive de la non-philosophie - elle l'expose à toutes sortes d'attaques et de dénigrements sur le mode de la rétorsion
LU-0.6.6. / la rétorsion doit être bannie des discussions non-philosophiques, du moins au Réel-de-dernière-instance près
LU-0.7.0. / l’arbre de la sainteté philosophique

LU-0.7.1. / une Sainte Famille des non-philosophes à l’image de la Sainte Famille de Marx ?
LU-0.7.2. / annonce du plan de l’ouvrage, en particulier la quatrième partie Du futur faisons table rase (la problématique utopique, la plus récente en non-philosophie) et la septième Rebelle dans l’âme. Une théorie de la lutte future (à partir d’une confrontation conjoncturelle, et peut-être à venir, entre la gnose non-philosophique et la gnose non-religieuse)
LU-0.7.3. / le but de l’ouvrage est d’établir le paradigme de l’Homme comme Futur-en-personne, et d’expliciter l’humanéité comme utopie-pour-le-monde – testament et ultimatum : ce doublet signifie que la philosophie est un « ancien testament » pour celui qui transforme sa pensée par uni-version (et non conversion) en fonction du Futur ultime que représente l’Homme-en-personne
LU-0.7.4. / les non-philosophes sont les voisins de trois grands types d’humains : l’analysant, le militant politique, et le « spirituel » (en tant qu’hérétique pour le Monde)


LU-1.0.0. / ABREGE DE LA NON-PHILOSOPHIE

LU-1.1.0. / Les deux problèmes de la non-philosophie

LU-1.1.1. / c’est d’une part le statut inélucidé de l’Un en son autonomie radicale, d’autre part celui de la philosophie comme théorie/pratique inachevée, marquée par une dualité constitutive
LU-1.1.2. / sur le premier point, on dira que la philosophie se contente d’une exploitation ontologique de l’Un
LU-1.1.3. / il faut penser selon l’Un et non le prendre pour un objet plus ou moins voisin de l’Etre, puis penser ce non-rapport à l’Etre et à la pensée depuis cette cause immanente (Un-en-Un) et réelle, tout en se servant matériellement de la philosophie
LU-1.1.4. / sur le second point, la philosophie est réglée par un Principe de philosophabilité suffisante qui peut se décliner comme prétention à l’autonomie absolue (auto-position, auto-donation, etc.), comme domination par rapport aux sciences et disciplines régionales, ou comme co-détermination du Réel globalement confondu avec l’Etre – en conséquence, la philosophie ne peut être une pensée rigoureuse d’elle-même et ne connaît pour toute immanence que celle de la conscience, de l’auto-réflexion et d’une subjectivité élargie au Monde
LU-1.1.5. / l’objectif est d’élaborer, avec l’aide de la philosophie et de la science, mais sur la base d’une pensée de l’Un, une connaissance théorique rigoureuse de l’existence philosophique

LU-1.2.0. / L'identité du problème de la non-philosophie ou la solution

LU-1.2.1. / le principe de la solution : c'est la même chose de poser l'Un comme Réel non-philosophable et d'en faire la condition d'une connaissance théorique de la philosophie
LU-1.2.2. / le style de la non-philosophie : c'est la logique uni-latérale, qui consiste à traiter toute chose par une dualité (de problèmes) et une identité (de solution), sans revenir au système ternaire et synthétique de la philosophie
LU-1.2.3. / deux transformations s'imposent - 1) celle des usages traditionnels de l'Un (comme absolu ou transcendantal) en Vision-en-Un, ou Un-en-Un
LU-1.2.4. / 2) celle de l'usage auto-référentiel et suffisant (théoriciste) de la théorie en un usage pratique, pratique théorique admettant par définition un présupposé irréductible - identité et dualité unilatérale qui lui donnent un aspect axiomatique (réel) et théorématique (transcendantal) - "transcendantal" se dit en un sens nouveau, comme rapport à la philosophie selon-le-Réel
LU-1.2.5. / parler/penser selon l'Un ne reproduit pas le couple philosophique ou dialectique de l'Un et de la pensée, comme si l'Un était un objet ou une entité - tout rapport (philosophique) devient déterminé par un non-rapport (non-philosophique), lui-même déterminé par le sans-rapport du Réel
LU-1.2.6. / tout énoncé non-philosophique contient un aspect axiome (du côté de l'être-déterminé réel) et un aspect théorème (du côté de la détermination en-dernière-instance ou transcendantale) - les relations entre axiomes et théorèmes sont réglées elles-mêmes par la détermination-en-dernière-instance, selon des dualités unilatérales et non-réciproques

LU-1.3.0. / De l'Un philosophique à la Vision-en-Un

LU-1.3.1. / l'immanence par l'immanence - l'Un, ou l'Immanent-en-personne, n'est pas pensable sur le mode de la transcendance (thématique ou opératoire) et reste donc inaperçu des philosophies de l'immanence (Deleuze) ou de l'auto-affection (Henry) - traiter l'immanence de manière immanente, tel est l'impératif de la rigueur
LU-1.3.2. / l'Immanence radicale ou l'Un-en-Un - Un est d'emblée en-Un et immanent plutôt que en-soi et intérieur - non convertible avec l'Etre ou l'Autre, c'est l'immanence radicale et non absolue - radicalité qui lui confère une plus grande universalité
LU-1.3.3. / l'Identité, l'Ego, l'Homme-en-personne - ce sont des noms premiers possibles de l'Un-en-Un, qui doivent se dire eux-mêmes en-personne et non comme sujets ou attributs - ils sont choisis en fonction de la conjoncture philosophique apparaissant comme symptôme de la non-philosophie
LU-1.3.3. / l'Un qui n'est pas mais qui est réel - l'être-phénoménal de l'Un est donné sur le mode de l'Un seulement et non sur le mode de l'Etre ou du phénomène au sens phénoménologique - ni l'Un "est" ni "il y a" de l'Un, deux solutions encore trop intuitives et donc philosophables
LU-1.3.4. / (Non-) Un, Uni-latéralité ou Autre-que... - la Vision-en-Un inverse ou plutôt uni-verse la transcendance : elle donne en-Un l'Un-en-Un, sans altérité autre que celle d'un Autre-que (appelé aussi (Non-) Un ou Uni-latéralité) exprimant l'essence d'immanence séparée de l'Un mais non un quelconque rapport de l'Un avec l'Etre
LU-1.3.5. / l'être-forclos de l'Un-en-Un - la non-consistance de l'immanence radicale implique l'être-forlos du Réel à la pensée, même s'il peut aussi la donner uni-latéralement - l'être-forclos n'interdit donc pas toute causalité, ni même une effectuation de la Vision-en-Un par la philosophie, il suspend simplement la causalité philosophique sur le Réel
LU-1.3.6. / le donné-sans-donation et la donation de l'occasion - ce que donne ou détermine le donné-sans-donation réel n'est rien moins la non-philosophie considérée comme clone de la pensée-langue-philosophique (Logos), donnée elle-même comme simple occasion délivrée du Principe de Philosophie Suffisante
LU-1.3.7. / la non-consistance - l'Un n'est jamais que le nom philosophique de l'Un-en-Un : il traduit mal l'inconsistance radicale du réel, vide de toute détermination ontologique - cette inconsistance (réelle) implique une sorte d'indifférence (transcendantale) au matériau philosophique, dont il détermine toutefois l'usage comme occasion
LU-1.3.8. / la non-suffisance - le Réel est condition nécessaire mais non-suffisante ... pour la philosophie-Monde, qu'il ne produit en aucune manière
LU-1.3.8. / l'essence utopique ou messianique de la vision-en-Un - elle découle d'une forme d'intentionnalité originale de l'Un pour le Monde, telle qu'elle provient de l'en-Un immanent et non d'un excès de transcendance
LU-1.3.9. / la phase réelle de la non-philosophie - le triplet formé (par dualités unilatérales) des trois phases : 1) l'Un-en-Un immanent, 2) son Autre-que séparé, avec son intentionnalité inversée ou de futur, 3) l'occasion et le support fournis par la philosophie - cette phase est nommée "réelle" par "opposition" à la phase "transcendantale" commandée par l'occasion philosophique

LU-1.4.0. / l'effectuation de la vision-en-Un par la philosophie

LU-1.4.1. / l'existence de la philosophie et sa contingence réelle comme occasion - la vision-en-Un manifeste la philosophe dans son mode d'existence propre, soit une auto-position/réflexion qui est méconnaissance de soi et hallucination du Réel
LU-1.4.2. / l'effectuation de la vision-en-Un par la philosophie comme occasion - non-suffisante en soi et insuffisante pour se manifester par elle-même, la vision-en-Un ne peut être effectuée que par la philosophie devenue occasion, passant ainsi de sa phase réelle à sa phase transcendantale
LU-1.4.3. / de la non-philosophie comme dualité unilatérale - la non-philosophie est un dispositif théorique à double entrée, dont l'une est le Réel comme Autre-que, et l'autre la philosophie comme occasion, mais aussi à double logique : l'uni-latéralité par son aspect réel, la dualité unilatérale par son aspect transcendantal (qui suppose justement la causalité occasionale) - ce dispositif reste toutefois unilatéral, une dualité qui est une identité sans reformer une unité comme en philosophie
LU-1.4.4. / contingence et nécessité de l'effectuation non-philosophique - la non-philosophie est contingente du point de vue du langage-matériau philosophique, mais nécessaire du point de vue réel de la vision-en-Un
LU-1.4.5. / l'autonomie relative de la philosophie - par illusion transcendantale et surtout hallucination quant au Réel, la philosophie se donne elle-même comme autonomie absolue - la vision-en-Un lui confère une autonomie finalement plus positive, quoique relative, à savoir une consistance structurale légitimée transcendantalement par le Réel

LU-1.5.0. / le clonage de la non-philosophie à partir de la philosophie

LU-1.5.1. / la philosophie n'est pas seulement donnée réellement en-Un, ce dernier assume également une fonction transcendantale, dite de "clonage", qui permet de constituer le Sujet non-philosophique à partir de la philosophie
LU-1.5.2. / ne pas confondre le clone-sujet-Etranger avec son essence (le Réel) ni avec le matériel philosophique : il est une instance transcendantale, une vision-en-Un appropriée à tel ou tel matériau
LU-1.5.3. / le clonage et la prise en compte de la philosophie n'excèdent pas l'Un en pure extériorité, formant une dyade avec lui, puisqu'ils sont de toute façon donnés en-Un
LU-1.5.4. / le clone transcendantal n'est pas lui-même un double (du Réel, ou d'une identité transcendante), mais plutôt l'identité indivise d'un doublet philosophique

LU-1.6.0. / le sujet-Etranger et la pensée-monde (essence, existence, assistance)

LU-1.6.1. / la non-philosophie est une discipline transcendantale, l'unification en-dernière-instance d'une théorie (sur le modèle de la science) et d'une pragmatique (sur le modèle de la philosophie)
LU-1.6.2. / l'Homme (réel) et le sujet (transcendantal) forment une dualité unilatérale, telle que le premier est réel sans-être et le second existant pour-le-Monde, sur le mode d'une théorie-pratique de la philosophie (et cloné à partir d'elle)
LU-1.6.3. / le sujet est la force (de) pensée, mais il n'existe-pour-le-Monde qu'en fonction de la philosophabilité qu'il transforme : on appelle cette structure de pensée assistance-pour-le-Monde
LU-1.6.4. / la non-philosophie réclame une unification de la philosophabilité (à présuppositions) et des pratiques (à présupposés) qui n'est pas vraiment unification mais identification-en-dernière-instance (par clonage), hors de l'autorité et du théoricisme philosophiques
LU-1.6.5. / l'assistance non-philosophique doit se comprendre comme transformation du Tout de la philosophie, mais non comme intervention directe sur les étants ou les événements - comme effectuation, elle constitue l'apport (sans rapport) à la fois théorique et pragmatique de la pensée-monde, elle lui donne son identité (transcendantale) et la libère de sa suffisance
LU-1.6.6. / l'apport-sans-rapport du sujet assistant provient des conditions de radicalité propres à l'Homme-en-personne

LU-1.7.0. / les critères distinctifs de la non-philosophie

LU-1.7.1. / malgré la parenté du vocabulaire, aucune philosophie "de" l'immanence n'a posé, comme la non-philosophie, le primat du Réel sur la pensée, de l'Un sur l'Unilatéralité, du Radical sur la radicalité - les huit traits distinctifs : 1) le caractère d'abord réel de l'immanence, et seulement ensuite sa fonction transcendantale ; 2) la rigueur qui consiste à traiter l'immanence par l'immanence ; 3) l'être-déjà donné de la philosophie en-Un ; 4) l'Uni-latérité ou l'Autre-que... comme structure de l'immanence réelle ; 5) la reprise du concept marxiste de détermination-en-dernière-instance ; 6) la dualité unilatérale de l'Homme et du sujet ; 7) la messianité humaine comme futur immanent, la vocation à l'utopie et à la fiction ; 8) le sujet non-philosophique comme théorie unifiée d'un aspect mathématique (axiomatique) et d'un aspect philosophique ou oraculaire - la non-philosophie, une mathématique humaine et une utopie pour l'Homme


LU-2.0.0. / ECLAIRCISSEMENTS SUR LES TROIS AXIOMES

LU-2.1.0. / les trois axiomes ou la base structurale de la non-philosophie

LU-2.1.1. / ce sont : 1) le Réel radicalement immanent, 2) sa causalité uni-latérale ou la détermination en-dernière-instance, 3) la pensée-Monde (philosophie + expérience) comme objet de cette causalité - une résistance philosophique s'exerce, soit par une exploitation insuffisante de ces axiomes, soit par des interprétations divergentes, des bifurcations - en particulier celle qui voit dans les trois axiomes un simple système formel ouvert à diverses interprétations, donc autant de non-philosophies possibles
LU-2.1.2. / il existe une multiplicité ou une fausse liberté régressive (vers la philosophie) et une multiplicité libératrice selon la rigueur non-philosophique
LU-2.1.3. / les trois conditions nécessaires : 1) une distinction uni-latérale du Nom-de-l'Homme et du sujet, 2) la compréhension de la détermination-en-dernière-humanéité et de la syntaxe de l'uni-latéralité, 3) la prise en compte de la philosophabilité, ou pensée-Monde, dans sa globalité - à ces trois axiomes sont liés trois grands types d'apparence philosophique

LU-2.2.0. / contre le chorismos platonicien

LU-2.2.1. / l'affect du Réel selon la philosophie se nomme transcendance, notamment sous la forme du chorismos (séparer et placer) - à quoi l'on oppose l'être séparé immanent ou sans-séparation, et l'uni-latéralité comme type d'emplacement - même lorsqu'il parle d'immanence, le philosophe continue de la contempler dans le Logos au lieu de la pratiquer de façon immanente, ce qui peut induire par exemple un nouveau platonisme (théorisme) au nom d'une dernière extériorité de la division
LU-2.2.2. / l'être-séparé de l'Un ne signifie nullement que séparation ou division appartiennent à l'essence de l'Un, comme l'affirme un certain platonisme, puisqu'il n'est pas séparé de soi mais seulement du Monde, et encore sur le mode négatif de l'Autre-que... ou bien du Futur uni-latéral
LU-2.2.3. / le parricide perpétré par la philosophie porte moins sur le premier non-philosophe que sur l'Un ou le Réel - il fallait bien tuer le Réel pour placer la division dans l'immanence et y articuler une trinité constitutive
LU-2.2.4. / les deux opérateurs fondamentaux de la philosophie et de la non-philosophie, respectivement le nouage et le clonage, forment une dualité unilatérale - seul le clonage met en oeuvre la loi d'immanence radicale

LU-2.3.0. / l'immanence traitée par l'immanence

LU-2.3.1. / le fait de traiter l'immanence par l'immanence signe l'aspect pratique (ou performé) de la non-philosophie, qui promeut elle-même un usage immanent du langage philosophique puisqu'il n'y en a pas d'autre pour la dire

LU-2.4.0. / l'axiome et l'oracle, ou comment parle le futur. l'oraxiome

LU-2.4.1. / l'axiome transcendantal non-philosophique est un être-parlé, une Réponse-en-personne sans question - pareillement l'oracle est une réponse réelle, immanente de l'Homme par l'Homme - on peut donc parler d'un "oraxiome" négatif, une parole première de l'Homme qui n'annonce rien d'autre sinon que l'annonce est nécessaire
LU-2.4.2. / de même que l'axiome est une hypothèse sans-déduction, vide formellement par son type d'abstraction spécifique, l'oracle est vide de tout questionnement comme de toute décision - le vide étant ici celui de la radicalité et de la non-détermination par le contenu logique ou empirique
LU-2.4.3. / à la "différence" en vigueur dans la philosophie, la non-philosophie substitue l'"uni-férence" et la dualité unilatérale - l'uni-férence apporte non pas un objet à la pensée mais un sujet, un théorème transcendantal pour l'autonomie relative du Monde
LU-2.4.4. / le Futur parle dans l'axiome qui est hypothèse de théorèmes, comme il parle dans l'oracle qui l'annonce - mais l'axiome est séparé comme un présupposé non-consistant, alors que l'oracle est toujours engagé dans une interprétation : la non-philosophie est l'identité de-dernière-instance de ces deux aspects

LU-2.5.0. / qu'est-ce qu'une règle non-philosophique ?

LU-2.5.1. / la non-philosophie : une doctrine ouverte aux libres interprétations ou une discipline anonyme et contraignante ?
LU-2.5.2. / elle est plutôt unification en-dernière-instance d'une discipline et d'une oeuvre, d'une théorie et d'une pratique - ses règles sont rigides ou invariantes lorsqu'elles dérivent de la logique ou d'une science à contenu positif ; elles sont ludiques lorsqu'elles découlent des doctrines philosophiques, combinant le primat de l'invariance et celui de la variation ; enfin les règles sont dites rigoureuses ou unilatérales en mode mixte, soit invariantes négativement (sans contenu empirique), lorsqu'elles déterminent en-dernière-instance le contenu contingent des précédentes règles - au 3è sens, la discipline comprise négativement impose de se soumettre au moins à la règle de l'unilatéralité

LU-2.6.0. / le problème du métalangage pour la non-philosophie

LU-2.6.1. / la non-philosophie n'est pas le méta-langage de la philosophie, c'est plutôt la philosophie qui serait un métalangage mais déterminé-en-dernière-instance pour la non-philosophie - en ce sens, les règles et le matériau métalinguistique s'auto-affectent au Réel déterminant près qui les unifie
LU-2.6.2. / l'évaluation des pratiques non-philosophiques peut s'effectuer en termes de Vérité (Vrai-sans-vérité) quant à ses principes réels, ou de Justice (Juste-sans-justice) et d'ajustement quant à ses effets sur le matériau
LU-2.6.3. / la constitution historique de la non-philosophie est soumise au même principe d'auto-affection par le matériau, à sa détermination-en-dernière-instance près, ce qui devrait relativiser les tentations de type herméneutique en ce domaine
LU-2.6.4. / cette méthode vaut mieux que la critique ou que l'opposition au nom du "tranchant" (théorisme), puisqu'elle se fonde sur la seule rigueur des règles

LU-2.7.0. / discipline, interprétation, effectuation

LU-2.7.1. / la pluralité des effectuations de la non-philosophie selon le matériau, compatible avec son identité interne, ne signifie pas une pluralité d'interprétations ou même de non-philosophies
LU-2.7.2. / la pomme de discorde, c'est le traitement de la résistance philosophique, qui donne lieu à toutes sortes de rétorsions
LU-2.7.3. / si une part d'interprétation paraît intrinsèquement liée à la composante philosophico-transcendantale de la théorie unifiée, elle est d'une part contrebalancée par sa composante scientifique et d'autre part dualysée par la théorie comme telle qui interdit toute interprétation a priori des axiomes

LU-2.8.0. / les deux fins de la philosophie. le Nom-de-l'Homme comme ultimatum

LU-2.8.1. / si la philosophie est globalement ennemie d'elle-même (toute philosophie prenant à partie une autre philosophie), la non-philosophie crée le concept de "la-philosophie" en tant qu'unique et indivisible, ce qui ne revient pas à une généralité ou à une totalisation justement parce que la forme même et les instruments de la lutte ne sont plus les mêmes
LU-2.8.2. / la philosophie est "forcée" de se rassembler autour du Nom-de-l'Homme qui est aussi son Futur, de trouver son identité (nommée philosophabilité ou pensée-Monde) en fonction de ce seuil à la fois premier et dernier-pour-elle - cette "fin des temps philosophiques" ou cet ultimatum tranche avec l'éternelle "fin de la philosophie" qui est l'autre nom de la guerre civile, puisqu'elle la force à un traité de paix avec elle-même et avec les sciences
LU-2.8.3. / contrairement à la fin toujours continuée de la philosophie, la fin comprise comme ultimatum du Nom-de-l'Homme correspond à un commencement radical... qui continuera et transformera la première sous forme de matériau

LU-2.9.0. / premier axiome. il n'y a d'Homme que l'Homme

LU-2.9.1. / avant la question kantienne Qu'est-ce que l'homme ?, se tient la réponse oraculaire : Il n'y a d'Homme que l'Homme
LU-2.9.2. / sa forme théorématique complète serait : il n'y a d'Homme qu'en vue de la science de l'homme
LU-2.9.3. / jusqu'à sa forme d'oracle transcendantal pour-le-Monde : il n'y a d'Homme que pour un sujet humain de la science des hommes

LU-2.10.0. / théorie du double symptôme (le symptôme et son identité)

LU-2.10.1. / la symbolisation du Réel par le Nom de l'Homme-en-personne ne signifie pas un retour à l'humanisme, mais répond, depuis Une biographie de l'homme ordinaire, à l'occasionalité même du matériau
LU-2.10.2. / l'Homme ou le Réel n'est pas une "Raison suffisante" (la non-philosophie combat justement la suffisance philosophique), ou un mixte de Raison suffisante et de nécessité, mais une nécessité vide (non formelle) unilatérale dont l'effet n'est pas le renversement local mais l'uni-version globale de la philosophie
LU-2.10.3. / il y aurait bien des arguments ou des raisons humanistes (phénoménologiques, mystiques, etc.) pour renverser l'autorité de la philosophie, mais ils n'atteignent pas la radicalité de l'inversion par l'Homme-en-Homme
LU-2.10.4. / l'Homme comme présupposé de la connaissance du monde répond à une double nécessité symptômale - l'Homme est d'abord l'instance symptômale la plus générale de la philosophie, dans le rapport à son propre concept d'Un - il est ensuite traité comme le symptôme le plus approprié de la philosophie dans son rapport à la non-philosophie, il est ce rapport même
LU-2.10.5. / mais en tant que Nom premier, l'Homme-en-personne n'est pas réductible à un symptôme ou une occasion qui se présenterait de façon systématique, pain béni de l'humanisme - le Nom-de-l'Homme s'impose à chaque fois, une seule fois, à l'occasion du Monde ou plus exactement d'un sujet-en-monde faisant symptôme
LU-2.10.6. / la non-philosophie est une preuve en acte de fidélité à l'Homme (le Nom-de-l'Homme ou l'In-hommé), comme un ultimatum adressé à la philosophie et à l'humanisme

LU-2.11.0. / l'argument du Troisième homme

LU-2.11.1. / l'argument du Troisième homme, qui résume la confusion philosophique de l'Un et de l'Unité, peut être lu inversement comme un symptôme de l'être-donné ou -performé du Nom-de-l'Homme
LU-2.11.2. / la pensée commence de toute façon par un vocable unique, symbole de l'Un, comme le "Dieu" des mystiques - il y a un commencement radical en-dernière-instance de la pensée, axiomatique-réel plutôt que logique ou ontologique, qui précède tous les ternaires de la philosophie (Troisième homme, Cogito, etc.)
LU-2.11.3. / la pensée en-Un et son style d'axiomatisation propre nous affranchit de la primauté de l'Etre en inversant littéralement son mode d'accès intuitif : l'Homme-en-personne n'est le siège d'aucune intuition (catégoriale, temporale, affective, etc.) ou réappropriation, étant plutôt intuitionné-sans-intuition et hérétique ou utopique plutôt que originaire

LU-2.12.0. / réel et pensée-langue ne sont pas des en soi

LU-2.12.1. / la matière peut être traitée comme l'un des symptômes de l'immanence produite par la philosophie
LU-2.12.2. / le vide structural comme élément de l'abstraction symbolique reste pris dans la positivité et la transcendance de la forme, tandis que la puissance du Réel = X est celle d'une quasi-formalisation qui ne repose pas sur l'immanence de la langue ou l'en soi de la forme
LU-2.12.3. / X = Homme-en-personne n'est pas plus un signifiant pur qu'un signifié transcendantal, il est un Nom transcendantal c'est-à-dire réel en-dernière-instance
LU-2.12.4. / l'invention de l'oraxiome à partir de la Vision-en-Un résout ou plutôt écarte les difficultés de l'idéalisme comme du matérialisme

LU-2.13.0. / la re-nomination non-philosophique

LU-2.13.1. / le nom de "Réel" s'impose comme l'un des symptômes majeurs de la philosophie en tant que pensée de l'Etre, mais il n'est pas le seul propre à désigner la cause : on peut lui préférer le "Nom-de-l'Homme"
LU-2.13.1. / à condition de ne pas confondre l'Homme avec le sujet philosophico-humaniste

LU-2.14.0. / l'Homme comme paradigme de l'uni-latéralité ou de l'ultimatum

LU-2.14.1. / une pensée à présupposé comme la non-philosophie se définit par le paradigme de l'uni-latéralité
LU-2.14.2. / une pensée unilatérale ne distingue par définition qu'un seul côté, l'identité ou le Réel n'étant pas un côté justement - au contraire une pensée à présupposition comme la philosophie se caractérise par sa bilatéralité di-rectionnelle
LU-2.14.3. / à la pensée procédant par survol et par transcendance, nous opposons la force de pensée, ou la pensée comme force de l'immanence, utopique en son origine et tournée vers le Tout
LU-2.14.4. / au lieu de le viser comme un objet, la pensée uni-rectionnelle détermine le Tout comme sujet
LU-2.14.5. / la pensée unilatérale se définit par une simplicité qui la distingue des unilatéralités philosophiques, comme les perspectives nietzschéennes, les dispositifs pulsionnels et autres machines désirantes qui atomisent la décision philosophique plus qu'elle ne la réduisent vraiment
LU-2.14.6. / l'intentionnalité uni-latérale prend une dimension utopique de "venue pour..." ou de messianité immanente
LU-2.14.7. / le terme de "praticité" désignera tout savoir ayant une forme-présupposé
LU-2.14.8. / les parenthèses entourant le (de) expriment en principe l'uni-latéralité, bien qu'une seule parenthèse ouverte serait plus appropriée

LU-2.15.0. / la carte forcée ou l'ultimatum du Réel

LU-2.15.1. / c'est la "carte forcée" (l'Homme-en-personne, une force toute négative) qui fait le forçage, c'est-à-dire cette fois le sujet comme force (de) pensée
LU-2.15.2. / la carte forcée du Réel est elle-même sans opération externe de forçage, c'est pourquoi elle n'entache pas la liberté du sujet - seule manière de comprendre la formule ambiguë de Rousseau : "on les forcera à être libre", où le "on" incarne une volonté générale encore trop positive et/ou trop abstraite
LU-2.15.3. / à son tour la force (de) pensée force négativement le Monde à se transformer, s'inventer, se libérer en fonction du Futur
LU-2.15.4. / la force (de) pensée peut aussi bien s'écrire "force de laisse", puisqu'elle laisse être-donné-en-Un le Monde

LU-2.16.0. / le commencement ou le saut unilatéral

LU-2.16.1. / l'Homme n'est pas un saut, mais l'identité (d')un saut ou (d')un futur qui fait "verser" le Monde
LU-2.16.2. / l'Homme n'est pas en lui-même un commencement mais le primat réel qui rend nécessaire un commencement radical de la pensée
LU-2.16.3. / il n'y a pas de saut "dans le Réel" et "en dehors" de la philosophie, mais une performativité propre à la non-philosophie telle que la solution (le Nom-de-l'Homme) est donnée avant le problème - pas de passage vers la non-philosophie à partir de la seule philosophie et de ses marges

LU-2.17.0. / le second axiome ou le sujet. la multiplication des effectuations

LU-2.17.1. / répétition transcendantale des problèmes déjà examinés
LU-2.17.2. / unicité de la non-philosophie et pluralité de ses effectuations par les non-philosophes
LU-2.17.3. / la non-philosophie est sous-conditionnée par un matériau chaque fois différent, de sorte qu'aucune effectuation de la non-philosophie ne parvient à épuiser son identité et son pouvoir universel
LU-2.17.4. / la philosophie constitue le matériau le plus universel, celui qui fournit l'essence et le total des apparences

LU-2.18.0. / la confusion du Nom-de-l'Homme et du sujet

LU-2.18.1. / la pratique non-philosophique n'engage pas l'Identité réelle directement mais un sujet qui, sans être lui-même divisé, a affaire avec la division, de sorte que la fonction négative du Réel risque de se retourner en négation, ou ce qui revient au même, en position du Réel dans la transcendance
LU-2.18.2. / le sujet non-philosophique assume en-Un tout ce qui se donne en général sur la forme sujet à-forme-monde - au contraire toute théorie du sujet de type philosophique se meut dans le chorismos platonicien et peut à la limite interpréter la détermination-en-dernière-instance en extériorité, en terme de nouage plutôt que de clonage
LU-2.18.3. / le sujet existe comme transformation de la division bilatérale ou mondaine en dualité unilatérale

LU-2.19.0. / du nouage au clonage

LU-2.19.1. / le nouage est la mise en place d'instances relatives-absolues selon une logique ternaire-quaternaire, telle que l'instance nouante se noue également aux autres
LU-2.19.2. / le clonage n'est pas une opération plus simple que le nouage, il est d'abord un cloné-sans-clonage réel réduisant toute opération à une dualité unilatérale, puis une détermination-en-dernière instance de type transcendantal
LU-2.19.3. / le nouage du Tout exige l'auto-englobement du Tout, tandis que le clonage du Tout revient une fois chaque fois au clonage de l'un-dividu - le nouage fait Monde tandis que le clonage reste une pensée et une pensée individuale pour le Monde

LU-2.20.0. / la non-philosophie et les non-philosophes

LU-2.20.1. / toute manière de caractériser la non-philosophie par division ou par choix doit être invalidée
LU-2.20.2. / même si elles ont une apparence théorique objective, les scissions intra-non-philosophiques ont une cause spécifiquement philosophique
LU-2.20.3. / rappelons que la non-philosophie distingue une cause (le Réel), une essence (l'identité transcendantale du sujet comme clone), puis des aspects qui sont le contenu du sujet transformé en a priori du matériau du Monde - les non-philosophes peuvent se dire au pluriel seulement en fonction des aspects qu'ils choisissent

LU-2.21.0. / l'indifférence de-dernière-instance au langage

LU-2.21.1. / l'indifférence du Réel au langage se dit de-dernière-instance parce qu'elle comprend deux phases distinctes en droit, réelle et transcendantale - la non-philosophie est une langue transcendantale à présupposé réel pour la philosophie
LU-2.21.2. / dans la première phase, le langage est de toute façon déjà donné en-Un, simultanément et uni-latéralement
LU-2.21.3. / la seconde phase manifeste le langage plus positivement, par la sollicitation et le clonage du langage philosophique pris cette fois comme référence
LU-2.21.4. / c'est seulement dans cette seconde phase transcendantale que le le Réel peut être nommé correctement dans la langue de la non-philosophie, c'est-à-dire selon la référence et jamais comme un en soi absolu - dans cette langue la distinction de l'énoncé et de l'énonciation n'est pas pertinente, elle est identiquement théorique et pragmatique

LU-2.22.0 / le matériau. allusion, mention, référence

LU-2.22.1. / on peut distinguer 3 moments abstraits du matériau : la philosophie ou le Monde comme allusion (platonicienne), comme mention occasionnelle et comme référence ou cause du transcendantal - l'allusion ne se dit pas exactement du matériau, c'est la manière classiquement transcendante de traiter le Monde - la mention de la philosophie est inévitable et immédiate puisque celle-ci est de toute façon déjà donnée en-Un : la mentionner, c'est reconnaître que la "lutte" avec la philosophie prend sa source dans le Réel, non dans le transcendantal (thèse encore platonisante), même si l'essence du Réel n'est pas la lutte
LU-2.22.2. / la mention de la philosophie doit se poursuivre par une prise en compte au niveau transcendantal, qui est celui de la non-philosophie proprement dite - c'est le stade de la référence où la philosophie intervient comme objet d'expérience

LU-2.23.0 / le troisième axiome. la langue philosophique comme symptôme

LU-2.23.1. / le Réel est certes indifférent à la langue-matériau, mais celle-ci n'est pas indifféremment philosophique, religieuse, artistique, etc.
LU-2.23.2. / cette indifférence "donatrice" concerne le Réel, mais étant uni-latérale et radicale, elle n'a pas d'existence en soi ou absolue
LU-2.23.3. / dire que la philosophie est le langage-symptôme du Réel n'est pas une décision arbitraire - d'une part c'est une constatation puisque ce langage précisément prétend dire le Réel, d'autre part son traitement comme symptôme est déjà l'effet d'une détermination en-dernière-instance d'ordre non-philosophique

LU-2.24.0 / l'élection de la langue philosophique comme Prétendante

LU-2.24.1. / le discours-matériau "élu" est en même temps le plus halluciné quant au Réel
LU-2.24.2. / la domination de fait de la philosophie sur les autres savoirs fait au moins symptôme, et on ne peut pas s'en libérer simplement au nom d'une indifférence absolue du Réel à l'égard des langages, justement parce que l'indifférence ne saurait être absolue ou en soi
LU-2.24.3. / l'apparence transcendantale dans sa plus grande universalité et dans sa plus grande prétention, c'est la philosophabilité, et si les autres savoirs y participent bon gré ou mal gré, le discours "philosophique" en est de fait et de droit le titulaire désigné (le seul qui prenne en charge consciemment la question du Réel) - le point de vue non-philosophique utilisera à son tour les savoirs régionaux et les pratiques, mais dans un autre type de relation (non-aliénant) avec la philosophabilité générale
LU-2.24.4. / c'est le Réel "lui-même" qui donne uni-latéralement ou qui détermine la forme d'une langue-symptôme

LU-2.25.0 / la philosophabilté comme structure cogitative

LU-2.25.1. / la philosophie est ce qui opère le passage des doctrines ou des savoirs particuliers à la philosophabilité universelle du Monde - elle possède une structure cogitative universelle, c'est-à-dire qu'elle réduit aussi bien toute tentative de métalangage : elle est toujours la mieux placée pour parler d'elle-même, elle parle toujours en premier et en dernier, même (d'autant plus) lorsqu'elle accorde la parole aux autres discours : elle est auto(/hétéro)-décisionnelle - le "cogito" n'est qu'une forme réduite de cette subjectivité universelle de la philosophie
LU-2.25.. / elle est auto-spéculaire et pas seulement spéculative (posant un objet à refléter), mais elle est mondaine (c'est la forme-Monde) et pas seulement idéale ou abstraite

LU-2.26.0 / le Nom-de-L'Homme comme méta-langage négatif pour la philosophie

LU-2.26.1. / en tant que structure essentiellement systématique, la philosophie est un invariant à variations, ou pour mieux dire l'invariance de la variance et de l'invariance
LU-2.26.2. / credo philosophique : il n'y a pas de métalangage... parce qu'il y a de la philosophie
LU-2.26.3. / credo "déconstructif" : il y a du métalangage... parce que La Philosophie n'existe pas
LU-2.26.4. / la non-philosophie pose la nécessité d'un métalangage pour identifier (en-Réel) la philosophie et pour lutter contre son idéalisme auto-positionnel - un métalangage négatif, c'est-à-dire nécessaire et non-suffisant, qui emprunte à la fois à la philosophie et à la science

LU-2.27.0 / récapitulation. la puissance relative de la philosophie

LU-2.27.1. / la puissance auto/hétéro-analytique de la philosophie ne saurait-être remise en cause, même conjoncturellement, par la religion (plus aliénante, mais plus faible)
LU-2.27.2. / la domination de la philosophie sur les savoirs fait symptôme d'une prétention plus vaste de la philosophie sur le Tout de l'expérience, soit sur ce qu'elle appelle le Réel
LU-2.27.3. / le Réel, auquel prétend la philosophie, est cela même qui peut déterminer en-dernière-instance l'échelle des prétentions et des apparences de la philosophie, sur les savoirs et sur elle-même


LU-3.0.0. / PHILOSOPHABILITE ET PRATICITE

LU-3.0.1 / entre les trois matrices d'axiome de la non-philosophie (le Réel, la DDI, la Philosophabilité), le troisième est celui qui occasionne le plus de confusions, à cause justement de la part de détermination occasionale de la philosophie

LU-3.1.0. / ecce homo philosophicus

LU-3.1.1. / toute mésinterprétation du troisième axiome se traduit par une déviation, qui est une privation, de l'essence et de la finalité de la non-philosophie
LU-3.1.2. / deux types d'interprétation : celle de la précipitation gauchisante et celle du conformisme droitier
LU-3.1.3. / l'élargissement à l'infini du cogito philosophique (dérivant structurellement de cette forme cogito) en fait le matériau dominant, sinon unique, de la non-philosophie

LU-3.2.0. / l'opinion du système des opinions

LU-3.2.1. / les deux symptômes de la pensée-philosophie sont 1° un devenir-opinion effréné (sophistique et communication) et 2° la conflictualité des systèmes, sans doute parce que ces derniers conservent la structure d'opinion sur laquelle repose toute philosophie, soit la structure d'une décision indécidable à 2/3 ou 3/2 termes

LU-3.3.0. / la philosophie mise à nu par elle-même

LU-3.3.1. / la philosophie comme hallucination et illusion transcendantale : un principe d'auto-dissolution du Monde qu'elle a confondu avec le Réel
LU-3.3.2. / ce mécanisme d'auto-dissolution n'est rien d'autre que la dialectique avec son principe invariant, selon lequel le Deux et le Un se déterminent réciproquement
LU-3.3.3. / la pulsion auto-dissolvante de la philosophie se manifeste dans la communication médiatique
LU-3.3.4. / la philosophie voudrait changer le Monde, mais ne parvient qu'à "faire-Monde" toujours davantage
LU-3.3.5. / sauver ce simulacre qu'est devenu la philosophie-Monde en lui reconnaissant une teneur de-dernière-instance, telle est le dernier service que peut lui rendre la non-philosophie

LU-3.4.0. / pensée-monde. philosophabilité. praticité

LU-3.4.1. / ne pas confondre l'affirmation d'existence de la philosophie qu'inclut son cogito avec une détermination réelle
LU-3.4.2. / le concept de pensée-monde exprime l'extention et l'intensification maximales de la philosophie, jusqu'à inclure de nouvelle pratiques, de nouvelles empiricités prétendument indépendantes
LU-3.4.3. / la philosophie est la condition formelle de la constitution d'un Monde et pas seulement une représentation particulière du Monde
LU-3.4.4. / la pensée-monde réside dans une dualité d'essences entre la philophabilité et la praticité, dont la philosophie proprement dite et les pratiques constituées des savoirs régionaux ne sont que des formes particulières

LU-3.5.0. / l'Identité transcendantale du système (de) l'opinion

LU-3.5.1. / l'Identité indivise du Tout se définit comme le clone (et non comme l'unité) des mélanges philosophiques, de même que la non-philosophie se définit comme la théorie unifiée de la philosophie et d'un savoir ou d'une pratique
LU-3.5.2. / pour cela il faut se donner l'Identité et son uni-versalité, pas une fausse Identité découlant d'une forme d'universalité - l'Identité uni-verselle détermine d'ailleurs l'universalité transcendante de la philosophie

LU-3.6.0. / primat de la philosophabilité sur la philosophie

LU-3.6.1. / la philosophabilité désigne la prétention de la philosophie à penser le Tout de la réalité et donc à se penser elle-même
LU-3.6.2. / la philosophie s'auto-affecte par principe, elle se définit toujours elle-même en tant qu'objet philosophique et au moyen d'une opération philosophique
LU-3.6.3. / les philosophies posent une philosophabilité soit univoque et idéale, soit équivoque et partielle lorsqu'elle semble limitée par une détermination empirique - mais justement la mise ne place du matériau philosophique doit tenir compte de cette dualité intrinsèque entre le noyau formel de la philosophie (l'univocité de la philosophabilité) et l'apport empirique
LU-3.6.4. / la primat de la philosophabilité sur la philosophie, au niveau du matériau, définit la rigueur non-philosophique comme "non-philosophabilité", bien que le primat inverse soit occasionnellement possible au titre d'une non-philosophie "régionale" ou "spéciale"
LU-3.6.5. / on distingue une non-philosophie "longue" ou universelle d'une non-philosophie "par provision", reflétant encore plus ou moins volontairement les positions philosophiques doctrinales qu'elle se propose de traiter

LU-3.7.0. / philosophabilité et pratique

LU-3.7.1. / il importe d'exhiber, en tout matériau, la dualité ou la contradiction entre la philosophabilité spéculaire et les pratiques non-spéculaires, sous peine d'ignorer l'essence de l'une comme celle des autres (oubli plus grave et plus systématique que celui de l'Etre ou de l'Autre)

LU-3.8.0. / la praticité comme pensée-à-présupposé

LU-3.8.1. / la pensée philosophique, que l'on dit "à présupposition", est une apparence transcendantale objective - la pensée pratique, dite "à présupposé", est la seule pensée effective sans apparence, non en tant que "technique" mais en tant que dualité de dimensions (langage + réel) irréductibles l'une à l'autre dans un Logos, et qui entourent un noyau de procédures techniques
LU-3.8.2. / le présupposé pratique se répartit en une face "langage" et une face "réel", dualité que dissimule le seul terme de "pratique"

LU-3.9.0. / une équation non-parménidienne, Pratique = Pensée

LU-3.9.1. / la non-philosophie inverse radicalement la thèse philosophique selon laquelle une pratique "ne pense pas", c'est-à-dire qu'elle modifie en même temps la structure de l'équation qu'on appellera maintenant non-équation ou équation non-parménidienne - la non-équation "pratique = pensée" contient seulement deux termes, et donc sa propre solution comme inconnue et non comme troisième terme englobant - deux théorèmes non-théoricistes et non-idéalistes : pratique et pensée sont identiques en-dernière-instance et la pratique est le présupposé qui détermine la pensée

LU-3.10.0. / structure de la praticité (OC, ML, OR)

LU-3.10.1. / le contenu opératoire d'une pratique définit l'objet de connaissance (OC) sous forme de ternaire (la matière de la réalité, les moyens techniques ou théoriques, la connaissance ou l'oeuvre produite), qui s'ajoute à la structure du présupposé (le métalangage (ML) et l'objet réel (OR)) pour former la structure complète de la praticité
LU-3.10.2. / un métalangage remplit une fonction de constitution unilatérale pour la pratique et par rapport à un autre langage formel ou naturel
LU-3.10.3. / on ne confondra pas la simple matière transformée (idéalisée) et l'objet réel (présupposé) qui détermine la pratique elle-même comme réelle

LU-3.11.0. / pratique philosophique et pratique à présupposé

LU-3.11.1. / la division pratique de type uni-latérale relève de la seule immanence, elle s'oppose à la pratique comme division en général, de type philosophique et théoriciste
LU-3.11.2. / en tant que théorie unifiée, la non-philosophie fusionne la praticité (d'abord scientifique) avec la philosophabilité en-dernière-instance par le Réel

LU-3.12.0. / la non-équation Pratique = Ontologie

LU-3.12.1. / en tant qu'elle postule une hypothèse sur le Réel, chaque pratique possède une quasi-ontologie, spécifique et autonome, sans rapport avec ces illusions transcendantales que sont l'esthétique ou l'épistémologie

LU-3.13.0. / des pratiques à la non-philosophie

LU-3.13.1. / les pratiques fournissent un réel à la philosophie qui n'est pas encore le réel immanent - objet réel et métalangage restent séparés selon la dualité propre au présupposé, sans recomposer un Monde
LU-3.13.2. / la science comme ontologie déphilosophée fraye la voix vers la non-philosophie théorique, mais l'on ne peut utiliser la pratique en elle-même, il faut passer par la philosophie ou par le langage méta-pratique
LU-3.13.3. / la quasi-ontologie constitutive des pratiques n'est pas la pratique en elle-même, ni une théorie déterminée (comme la théorie des ensembles), mais sa structure pratique de présupposé
LU-3.13.4. / la science est la "première" pratique, la plus décisive et la plus efficace dans son rapport à la philosophie, bien que cette primauté ne vaille que dans le champ des pratiques et non du point de vue des structures non-philosophiques elles-mêmes

LU-3.14.0. / Unilatéralité pratique et Différence ontologique

LU-3.14.1. / la "différence ontologique" illustre le mécanisme typiquement philosophique du renversement, lequel s'appuie une forme d'unilatéralité du type "altérité" plutôt que "présupposé", combinée avec une réversibilité dominante
LU-3.14.2. / à la structure quaternaire ou même pentadique des pratiques (les trois aspects de l'OC + les deux présupposés) s'oppose la structure simplement ternaire ou quaternaire de la philosophie (une dyade de base + un double Un, transcendant et transcendantal comme l'est une Apparence)
LU-3.14.3. / la philosophie n'est pas une pratique (bien qu'elle prétende donner sa forme au Monde), sinon une pratique de langage, plus exactement une méta-pratique refusant tout métalangage
LU-3.14.4. / la philosophie ramène le présupposé des pratiques à une simple présupposition, sous la forme d'un ternaire qui simplifie mais prétend assumer néanmoins le telos de ces pratiques
LU-3.14.5. / la différence philosophique masque la disjonction entre objet réel/pratique et méta-langage
LU-3.14.6. / en tant qu'utopique, l'unilatéralité pratique (à présupposé) vise d'emblée le Tout de la pensée-monde
LU-3.14.7. / contrairement aux pratiques comme la science, la philosophie efface la distinction de l'opératoire et du thématique-objet, de l'objet de connaissance et de l'objet réel - mais d'une part la non-philosophie ne fait pas du réel l'objet d''une visée opaque, comme la science, d'autre part l'usage immanent du langage dans sa pratique relève d'une autre unilatéralité que dans tout métalangage
LU-3.14.8. / la non-philosophie veut-elle détruire les structures aliénant les pratiques à la philosophabilité, et constituer de nouveaux sujets pour elles ? - elle veut surtout aider à les modéliser autrement en réduisant les prétentions de la philosophie

LU-3.15.0. / indifférence et combinaison de la philosophabiltié et de la praticité

LU-3.15.1. / la structure de la philosophie comme pensée-monde est celle d'une division entre la philosophabilité et une pratique (ou un savoir) autonome
LU-3.15.2. / cette dualité n'est pas une contradiction toujours passible d'être résolue ou renversée, car la forme-philosophie implique justement le primat du renversement - "préférer" une pratique autonome à la philosophie reste une solution courte et inadéquate, toujours empreinte de philosophabilité
LU-3.15.3. / la dualité devient une antithétique à l'occasion des mélanges de la philosophie avec certaines pratiques, soit parce qu'elle entend les nommer et les dominer, soit parce que les pratiques acquièrent un rôle déterminant - mais ces diverses solutions demeurent philosophiques et en tout cas philosophables
LU-3.15.4. / toute solution idéaliste de l'antithétique conduisant à une dissolution des pratiques dans ces formations néo-philosophiques que sont l'esthétique, l'épistémologie ou la théologie, se paye d'une tentative de renversement non moins idéaliste à partir de ces pratiques, qui limite la critique de la philosophie et finit par ignorer l'autonomie spécifique des pratiques elles-mêmes

LU-3.16.0. / le langage méta-pratique et l'appropriation philosophique des pratiques

LU-3.16.1. / observons un "principe de précaution" contre les risques inhérents aux langages méta-pratiques (épistémologie, etc.), sur lesquels vient se greffer et se ressourcer toujours la philosophie
LU-3.16.2. / accordons aux pratiques leur autonomie spécifique maximale, sans les poser comme des "en soi", donc sans les couper des méta-pratiques associées (théologie, épistémologie, esthétique)
LU-3.16.3. / il y a aussi une manière platonicienne d'affirmer l'autonomie des pratiques, en utilisant la coupure absolue par rapport à la philosophie (qu'elle soit moderne et mathématicienne, ou religieuse et gnostique) sans tenir compte des pratiques associées
LU-3.16.4. / la science n'est pas relativement autonome de la même manière selon qu'elle se pose elle-même (via la la méta-pratique et finalement la philosophie) ou qu'elle est posée par la non-philosophie
LU-3.16.5. / entre un dogmatisme de la science dans la philosophie et un dogmatisme de la religion dans la non-philosophie : voilà ce qu'il nous faudrait choisir faute d'une analyse complète de la philosophabilité du matériau en tant qu'elle atteint aussi les méta-langages - oubli du caractère relatif de l'autonomie spécifique des pratiques
LU-3.16.6. / la philosophabilité se nourrit de son propre idéalisme couplé avec le réalisme de la science
LU-3.16.7. / la non-philosophie inversera l'ordre de la base scientifique et de l'appropriation philosophique, rétablissant une égalité via le Sujet ou la "force (de) pensée"

LU-3.17.0. / la pratique non-philosophique et les pratiques

LU-3.17.1. / même si l'Un-en-Un n'est pas lui-même une pratique particulière, il est évident que la dualité pratique est elle-même affectée par son être-donné-en-Un.
LU-3.17.2. / la théorie unifiée (d'une pratique et de la philosophie) ne vaut que pour le matériau de l'apparence épistémologique, esthétique ou théologique des pratiques, c'est-à-dire leur langage associé perméable généralement à la philosophie
LU-3.17.3. / il faut distinguer toutefois l'idéalisme épistémologique, propre à toute philosophie, et l'apparence épistémologique qui n'est qu'un effet de la philosophie sur les pratiques via leurs langages associés
LU-3.17.4. / seule la levée du principe de philosophabilité suffisante permet un repérage et une levée de l'autorité philosophique en tant qu'apparence

LU-3.18.0. / le champ réel de la lutte

LU-3.18.1. / l'idéalisme absolu de la philosophabilité et le réalisme non spéculaire des pratiques forment une dualité qui englobe celle de l'idéalisme et du matérialisme en tant que doctrines
LU-3.18.2. / une non-philosophie qui respecte ce troisième axiome (la dualité de la pensée-monde) et qui produit des théories unifiées sera dite "première" ou universelle ; une non-philosophie qui rabat cet axiome sur une quelconque position doctrinale ou sur une pratique sera dite seconde ou restreinte
LU-3.18.3. / la non-philosophie étend la liste de ses principes
LU-3.18.4. / la non-philosophie n'agit pas directement sur les pratiques, mais sur la philosophabilité ; elle peut toujours proposer une modélisation artistique ou scientifique de la philosophabilité
LU-3.18.5. / la modélisation peut être étendue au-delà de son concept épistémologique, jusqu'à couvrir tous les possibles philosophiques


LU-4.0.0. / DU FUTUR FAISONS TABLE RASE OU DE L'UTOPIE COMME METHODE

LU-4.1.0. / utopie imaginaire, utopie réelle

LU-4.1.1. / la non-philosophie est une pensée à présupposé (et non à présupposition) de type "pratique transcendantale"
LU-4.1.2. / le terrain de la pensée doit être double mais en-Un : spéculatif et pratique, ce dernier étant réellement déterminant mais u-topique - une pratique ne "fait" pas "monde", c'est pourquoi elle caractérise le Réel humain comme utopie radicale
LU-4.1.3. / les philosophies n'ont proposé que des versions imaginaires (sociales et politiques, artistiques) de l'utopie - la vocation de l'utopie est de venir unilatéralement au monde, non d'être décalquée du monde - la non-philosophie en fait un usage de "table rase" strictement négatif
LU-4.1.4. / les Contemporains soumettent encore l'utopie aux puissance, fussent-elles dissolues, de l'Histoire et aux indéterminations de l'altérité

LU-4.2.0. / le Tout-lieu et le non-lieu. La fausse utopie de la philosophie

LU-4.2.1. / en philosophie la transcendance intervient deux fois : comme thématique (meta et epekeina) et comme opératoire - cette dernière constitue le présupposé réel de sa pratique, mais refoulée par le contenu thématique apparent (jusqu'à devenir apparence transcendantale), elle n'est jamais reconnue comme telle
LU-4.2.2. / dans la pratique philosophique l'objet-réel et le métalangage fusionnent dans un Logos, alors qu'ils restent distincts dans la science - la philosophie se pense comme expérience globale, elle veut l'unité du concept et de la réalité, de l'objet de connaissance et du Réel
LU-4.2.3. / l'immanence dont est capable la philosophie ne relativise que la transcendance thématique - tandis que la non-philosophie, loin de thématiser le Réel, pense en-Réel ou pense utopiquement le Réel comme un futur affectant le monde et le sujet - ce non-lieu ou ce plan opératoire que suppose la non-philosophie est vide de connaissance, mais c'est à partir de lui qu'un sujet peut penser et connaître
LU-4.2.4. / n'ayant aucun contenu, le présupposé n'engendre rien à partir de lui-même, il détermine juste la structure des pratiques engendrées par le monde
LU-4.2.5. / l'unilatéralité comme futur (l'"Autre que") radicalise le non-lieu de l'objet réel et du métalangage scientifiques - la non-philosophie pose le non-lieu axiomatiquement, comme identique à l'en-Homme, et non spéculativement comme la négation (s'auto-posant) elle-même

LU-4.3.0. / l'Homme-en-personne et le sujet pratique

LU-4.3.1. / le théoricisme philosophique part d'une confusion du Qui ? et du Comment ? au sein d'une instance également humaine et subjective - les philosophies de l'immanence n'échappent pas à cette confusion de l'Ego transcendantal et du Réel - finalement la philosophie est théoriciste par excès de pratique, alors qu'il faut rappeler le primat du Réel sur les pratiques (et bien sûr le primat des pratiques sur la philosophie)

LU-4.4.0. / le Futur comme organon. la nouvelle table rase

LU-4.4.1. / entre le Tout-lieu imaginaire du Monde et le non-lieu de l'Homme-en-personne, le sujet cloné constitue l'identité illocalisable du lieu - c'est une pure instance d'unilatéralisation recevant le Futur comme déjà-donné en-Homme - le Futur devient un organon pour le monde dès lors qu'il est repris transcendantalement par le sujet-organon - finalement, si le sujet peut se désaliéner du monde, c'est parce que l'utopie appartient d'emblée à l'Homme-en-personne qui lui seul détermine le sujet comme force d'utopie

LU-4.5.0. / l'être-forcé du Futur et le forçage utopique. la nécessité de Nulle Part

LU-4.5.1. / on peut dire que l'Homme introduit le monde et l'histoire à un futur radical, ou encore que le futur détermine en-dernière-Humanéité l'Histoire
LU-4.5.2. / le Futur humain a le primat sur l'extase de la conscience - plutôt qu'un forçage il est l'être-forcé ou l'être-donné du Réel, et plutôt qu'un donné passif de type phénoménologique, il est le séparé-sans-séparation, l'ouvert-sans-ouverture, etc.
LU-4.5.3. / l'homme n'est pas "jeté-au-Monde", c'est le Monde qui est donné à l'Homme par l'Homme, tandis qu'un Futur est apporté au Monde par le sujet transcendantal comme force (d')utopie pour le Monde

LU-4.6.0. / une utopie rigoureuse pour le Monde

LU-4.6.1. / jusqu'à présent les utopies imaginaires n'ont fait qu'imiter l'histoire monde, par scission ou déplacement des frontières
LU-4.6.2. / l'utopie hérétique est une intention vide puisant sa dernière force dans l'Homme-en-hommen, bien qu'elle utilise des moyens mondains transformés, justement en tant qu'utopie de transformation et non d'imitation

LU-4.7.0. / dernière définition, utopique, de la non-philosophie

LU-4.7.1. / l'usage non-philosophique du concept de théorie a connu une certaine évolution
LU-4.7.2. / les problèmes sont 1) de concevoir une pratique non-herméneutique et non-compréhensive, 2) de penser une nouvelle relation non-autoritaire entre science et philosophie, 3) de rassembler ces rapports variés à l'aune de la pratique, 4) d'anticiper les risques de "théorisme" et de "théoricisme", 5) comme ceux du formalisme (disciplinaire) ou du réductionnisme (non-religieux, non-poétique...)
LU-4.7.3. / la solution est 1) de poser le Réel=X comme déterminant en-dernière-instance les rapports de la théorie et de la pratique, 2) de redéfinir la pensée-Monde dans sa composition bipolaire en philosophabilté et en contenu de pratiques et de savoirs, 3) de mobiliser toujours la philosophabilité (la théorie au sens de la philosophie) accompagnée d'une pratique, notamment la science - au total la non-philosophie se veut aussi bien une pratique, mais transcendantale : c'est-à-dire 1) au sens où elle occupe le terrain traditionnellement "théorique" de la philosophie, 2) au sens où elle inclut l'activité proprement théorique de la science
LU-4.7.4. / toute pratique comprend un ternaire de procédures + un présupposé de métalangage/objet réel - en tant que pratique transcendantale la non-philosophie se définit elle-aussi par un ternaire (matériau + le Réel comme identité transcendantale + le contenu a priori du matériau) et un par un présupposé (le Réel radical)
LU-4.7.5. / la non-philosophie est-elle la pratique unifiée de la théorie et de la pratique ? ou une théorie déterminée ne-dernière-pratique ?
LU-4.7.6. / la non-philosophie n'est ni purement une pratique théorique ni une théorie pratique, mais "une pensée future ou de-dernière-instance, déterminant un sujet pour le (non-) rapport de la théorie et de la pratique" - qu'elle favorise l'un ou l'autre terme, toute combinaison possible doit être vue comme déterminée-en-Réel et donc également comme un état du matériau - si la théorie domine philosophiquement la pratique, la non-philosophie elle-même est davantage une théorie du point de vue de son matériau (qu'elle "pratique cependant"), mais elle est plutôt une pratique du point de vue de sa cause - "la non-philosophie est la pensée faite ultimatum"


LU-5.0.0. / l'organisation non-philosophique internationale (ONPHI) - esquisse d'une utopie non-institutionnelle

LU-5.1.0. / la défense a priori de la non-philosophie

LU-5.1.1. / l'objectif général d'une ONPHI : la défense a priori de la non-philosophie
LU-5.1.2. / la défense a priori comme ultimatum
LU-5.1.3. / pourquoi la non-philosophie doit être défendue
LU-5.1.4. / pourquoi les objections philosophiques peuvent être légitimées partiellement
LU-5.1.5. / le sujet-existant-Etranger, titulaire de cette défense rigoureuse
LU-5.1.6. / défense réelle et auto-défense

LU-5.2.0. / le coup (d')Un ou l'uni-tranchant

LU-5.2.1. / les deux qualités requises de l'appareil non-philosophique : rigueur et tranchant
LU-5.2.2. / une rigueur transcendantale et non formelle
LU-5.2.3. / aliénation et foi en l'aliénation
LU-5.2.4. / Conditions négative et positive de la rigueur
LU-5.2.5. / l'uni-latéralité et la dualité unilatérale comme simple uni-tranchant
LU-5.2.6. / thématiques philosophico-religieuses du "tranchant"

LU-5.3.0. / de l'ONPHI comme non-institutionnelle

LU-5.3.1. / l'association comme institution mondaine et autoritaire
LU-5.3.2. / l'organisation comme hérésie vécue en dernière-humanéité
LU-5.3.3. / des hérésies non-mondaines transformatrices et libératrices du Monde
LU-5.3.4. / forcer-sans-forçage le Monde au salut

LU-5.4.0. / les limites d'une organisation non-philosophique

LU-5.4.1. / l'ONPHI, l'une ou le total des conditions d'exercice de la non-philosophie
LU-5.4.2. / l'ONPHI n'est pas une refondation de la non-philosophie
LU-5.4.3. / l'ONPHI doit permettre des variétés mais non des variantes de la non-philosophie

LU-5.5.0. / de l'ONPHI comme utopie négative

LU-5.5.1. / "pensée-monde" désigne la philosophie dans son extension maximale (la philosophabilité + une pratique=X)
LU-5.5.2. / premier axiome transcendantal : le Réel déterminant unilatéralement le langage et la pensée
LU-5.5.3. / le Réel comme présupposé négatif et non-suffisant pour la pensée

LU-5.6.0. / conséquences. limitations de la lutte non-philosophique au tout du Monde

LU-5.6.1. / l'ONPHI, un sujet ou un organon au sens où l'entend la non-philosophie
LU-5.6.2. / les statuts d'une l'ONPHI ne sont pas plus formels que les axiomes, mais réels-transcendantaux
LU-5.6.3. / promotion d'un sujet de type hérétique et utopique, avec des moyens institutionnels à forme-monde
LU-5.6.4. / s'exprimer par les canaux habituels en les transformant par cet acte

LU-5.7.0. / de l'ONPHI comme utopie positive. extension de la lutte dans le Monde

LU-5.7.1. / travailler en non-philosophie signifie aussi son inscription dans la suffisance hallucinatoire du Monde
LU-5.7.2. / attaquer le refoulement mondain de l'hérésie au niveau de la conscience réfléchie du Monde : un projet risqué

LU-5.8.0. / les deux aspects de la lutte. étranger dans la caverne

LU-5.8.1. / le paradoxe d'une organisation des hérésies et sa solution
LU-5.8.2. / les deux phases de l'utopie, déterminées respectivement en fonction de l'Homme-en-personne, comme table rase négative, et du sujet-Etranger, comme effet de trace ou d'oeuvre
LU-5.8.3. / l'Homme-en-Homme est (ce) qui vient une fois chaque fois au sujet-Etranger : pas de "retour" dans la Caverne
LU-5.8.4. / la Caverne "revient" (comme la résistance) plutôt que le non-philosophe n'y revient
LU-5.8.5. / de là se conclut le sens positif de provocation d'un sujet de type ONPHI

LU-5.9.0. / l'ONPHI comme modélisation de la non-philosophie par la résistance philosophique

LU-5.9.1. / l'organisation du "côté positif"
LU-5.9.2. / le domaine d'une ONPHI : les modélisations possibles de la non-philosophie au moyen de la philosophie
LU-5.9.3. / une ONPHI met met évidence le lieu concret de la résistance
LU-5.9.4. / transformer la pratique-matériau de la communication
LU-5.9.5. / c'est la philosophabilité (pas la non-philosophie) qui se donne à modéliser, par l'identité de communication et de la philosophie
LU-5.9.6. / l'ONPHI est le modèle universel qui interprète l'axiomatisation non-philosophique
LU-5.9.7. / ni le bras armé de la non-philosophie ni sa forme institutionnelle

LU-5.10.0. / de l'encyclopédie à l'organisation internationale des hérésies

LU-5.10.1. / tout système philosophique se réalise comme encyclopédie explicite unitaire (Hegel) ou multiple (Nietzsche)

LU-5.11.0 / le principe de l'ONPHI, c'est l'autonomie relative radicale de ses objets

LU-5.12.0la forme générale de ces disciplines est la théorie unifiée de la philosophie et des pratiques ou des savoirs


LU-6.0.0. / LA DROITE ET LA GAUCHE DE LA NON-PHILOSOPHIE

LU-6.1.0. / topologie et utopie

LU-6.1.1. / topologie et utopie à l'intérieur de la non-philosophie
LU-6.1.2. / les usagers de la non-philosophie peuvent être disposés sur une carte des mélanges possibles avec la philosophie
LU-6.1.3. / chaque exploitation individuelle de la non-philosophie s'accroche à l'un de ses stades ou moments
LU-6.1.4. / les classifications non-philosophiques ne connaissent pas la bilatéralité, elles s'effectuent selon un uni-vecteur
LU-6.1.5. / même si l'unilatéralité exclue toute topologie comme constitutive, il s'en reconstitue une autour de la non-philosophie sous la pression philosophique
LU-6.1.6. / la radicalité non-philosophique exclue la centrisme aristotélicien aussi bien que la linéarité cartésienne
LU-6.1.7. / doctrines voisines de la non-philosophie formant une apparence topologique : Saint-Michel, Saint Alain, Saint-Gilles
LU-6.1.8. / ni normalisation par rapport à une déviation antérieure, ni déviation par rapport à une norme non-religieuse

LU-6.2.O. / insuffisance des analyses préliminaires de la philosophie

LU-6.2.1. / les positions de droite et de gauche privent la philosophie de son unité à la fois immanente et transcendante
LU-6.2.2. / dans les deux cas le Tout de la philosophie n'est pas donné d'emblée comme objet de la théorie
LU-6.2.3. / faiblesse d'une réduction de la philosophie à deux termes imaginaires, et retour de la suffisance

LU-6.3.O. / les quatre discours de l'Un. topologie utopique de l'unilatéralité

LU-6.3.1. / la non-philosophie tient compte de la philosophie comme carte forcée plutôt que de la religion
LU-6.3.2. / l'unilatéralité se décline sous quatre modes principaux
LU-6.3.3. / philosophie : l'unilatéralité comme coextensive à la réciprocité
LU-6.3.4. / non-philosophie : l'Un peut être dit unilatéral lorsque la dualité de l'Un et de la réciprocité du Monde est réelle ou donnée-en-Un par la seule immanence de l'Un
LU-6.3.5. / à droite de la non-philosophie, l'Un peut être unilatéral au sens transcendantal où il est posé en rapport d'exclusion de la réciprocité
LU-6.3.6. / à gauche de la non-philosophie, la Trinité comme structure de la pensée peut être unilatérale à sa manière
LU-6.3.7. / de là quatre discours qui se définissent par leur rapport à la philosophie comme sphère de la réversibilité
LU-6.3.8. / ces quatres figures dépendent en réalité de l'Un qui laisse pénétrer en lui-même à des degrés divers le Monde et ne se contente pas de le donner futur ou de manière utopique
LU-6.3.9. / traiter de manière immanente l'immanence et utiliser seulement une transcendance non-thétique de soi

LU-6.4.O. / parricide. ou comment Saint-Gilles à l'Epée rectifie la non-philosophie

LU-6.4.1. / un exemple de normalisation gauchisante et platonisante
LU-6.4.2. / parricide : la guerre avec et en faveur de la non-philosophie - le supposé libéralisme de la non-philosophie
LU-6.4.3. / étape 1 de saint-Gilles : défaire l'ONPHI de tout risque d'orthodoxie et minorer le rôle de l'inventeur
LU-6.4.4. / étape 2 : rectifier la non-philosophie au moyen de la non-religion et au nom du Réel comme division immanente
LU-6.4.5. / étape 3 : justifier la non-religion au moyen d'une non-philosophie tronquée - la religion comme pensée-monde


LU-7.0.0. / REBELLE DANS L'AME. UNE THEORIE DE LA LUTTE FUTURE

LU-7.1.O. / la théorie unifiée de la philosophie et de la révolution

LU-7.1.1. / la non-philosophie est confrontée au retour de la gnose, sous sa forme contemporaine post-marxiste, et à sa question : comment penser la "rébellion future" ?
LU-7.1.2. / la gnose non-religieuse court-circuite une phase nécessaire, celle de son interprétation par la philosophabilité au lieu de sa greffe immédiate sur le Réel
LU-7.1.3. / "avant" même l'illusion religieuse, il s'agit de débusquer l'illusion transcendantale dissimulée dans la philosophie
LU-7.1.4. / les théories unifiées régionales de la non-philosophie, et leurs propres réductions déviantes

LU-7.2.O. / la rébellion comme problème

LU-7.2.1. / la gnose finit par revenir comme position doctrinale sur le flanc gauche de la non-philosophie, et critiquant celle-ci
LU-7.2.2. / le problème de la rébellion est de risquer d'introduire le ressentiment et la réaction dans la lutte contre la maîtrise, alors qu'il faut faire valoir, comme condition même d'une rébellion non-réactive, le (non-)agir de l'Homme-en-personne

LU-7.3.O. / la surmaîtrise ou la place de la philosophie dans la non-philosophie

LU-7.3.1. / première étape : préparer le matériau conceptuel dans les limites de la philosophie
LU-7.3.2. / "la" philosophie se comprend comme Tout s'auto-affectant et la non-philosophie traite l'identité de ce Tout
LU-7.3.3. / la non-philosophie est l'identité transcendantale (du) marché ou (de) l'encyclopédie, ce qui la distingue du Tout-marché ou du Tout-encyclopédie
LU-7.3.4. / la philosophie est la véritable maîtrise ou pensée-monde, et cela pour des raisons théoriques et méthodologiques non-contingentes - priorité et primauté de la philosophie sur la religion et la politique dans la constitution du matériau
LU-7.3.5. / régler le problème de la maîtrise et de la rébellion, d'abord avec la philosophie
LU-7.3.6. / la force de la philosophie étant notre force de rebelle, il convient de lui accorder les pleins pouvoirs - par exemple toute religion connue passe obligatoirement par le filtre de la philosophie
LU-7.3.7. / ni la maîtrise ni la rébellion ne sont des entités solitaires puisqu'elles se déterminent réciproquement, en une dyade qu'on peut appeler "surmaîtrise" - seule une rébellion non-rebelle (de) soi pourra en venir à bout

LU-7.4.O. / la lutte et l'utopie ou la place du non- dans la non-philosophie

LU-7.4.1. / seuls les hommes-en-personne peuvent se donner (non-philosophiquement) la philosophie-monde en-personne - "nous-les-humains" sommes le futur propre à la rébellion, sa venue radicale au-devant du présent
LU-7.4.2. / la philosophie est le surmaître en ceci qu'elle se divise "volontairement" entre un maître et son rebelle - faisant ainsi le rebelle elle s'assure de l'avoir toujours vaincu - le refus de la croyance propre au surmaître est nommé l'en-lutte, ou esprit de lutte, soit la condition négative et l'essence non-temporelle de la rébellion
LU-7.4.3. / le "rebelle dans l'âme" possède une force de lutte, qui ne présuppose plus la victoire, mais conçoit la lutte comme un simple présupposé ou un axiome vide qui n'a plus le caractère intuitif de la guerre effective ou engagée
LU-7.4.4. / il y a un état de la force comme possibilité et c'est la lutte par quoi se définit le Rebelle
LU-7.4.5. / le Rebelle met en attente la victoire comme future, attente radicale qui a déjà suspendu le Surmaître
LU-7.4.6. / si le maître vole au-devant de la victoire, le Rebelle vient, futur au-devant du combat et ce n'est pas le même "au-devant" - nous opposons la rébellion radicalement future à l'anticipation de la victoire - le surmaître s'engage dans la victoire en "y croyant", le Rebelle est engagé dans la lutte à son corps défendant

LU-7.5.O. / nécessité négative et nécessité suffisante

LU-7.5.1. / une nécessité négative ou possibilisante se substitue à la nécessité suffisante qui s'annonce comme réelle
LU-7.5.2. / des distinctions s'imposent 1) l'Homme et le Tout, c'est-à-dire l'Homme-sans-opération de-rébellion et la surmaîtrise ; 2) entre l'Homme non-révolté (mais capable de lutte) et le sujet-existant-Rebelle ; 3) entre le sujet philosophique engagé (et/ou désengagé) et le sujet-Rebelle non-engagé (mais en-lutte) ; 4) entre la rébellion mélangée à la maîtrise et la rébellion non-rebelle (de) soi (sans ressentiment) - en réalité ces distinctions ne se présentent pas comme des oppositions bilatérales, mais comme des dualités unilatérales où l'un des termes ayant le primat du Réel est forclos de l'opposition surmaîtrisante
LU-7.5.3. / trois instances à distiguer : 1) l'Homme-sans-rébellion (mais non sans lutte), 2) la surmaîtrise (maîtrise et rébellion mêlées), 3) à l'intersection des deux le sujet existant-Rebelle - ce dernier est à la fois réel en-dernière-humanéité, transcendantal par son essence (l'esprit de lutte immanente), et dégageant l'a priori de maîrise-rébellion

LU-7.6.O. / le Rebelle ou la place de la non-philosophie dans la non-philosophie

LU-7.6.1. / l'Homme-ultimatum est le présuppossé du Rebelle : non-révolté, séparé sans-séparation, possibilité négative, etc.
LU-7.6.2. / la finitude radicale ou "future" de l'Homme n'est pas représentable - le Rebelle travaille avec de la transcendance sans être dans la transcendance
LU-7.6.3. / que maîtrise et rébellion soient données en-Homme signifie que l'Homme n'a aucun "rapport" avec elle, forclusion véhiculée par le sujet-Rebelle
LU-7.6.4. / s'il y a une Cité de Hérétiques, elle ne s'installe pas dans le Monde pour affronter la surmaîtrise - la rébellion est un agir (réel-)transcendantal, l'esprit de lutte qui n'intervient pas directement dans la maîtrise
LU-7.6.5. / le Rebelle ne doit pas être pensé comme une instance autonome ou absolue, mais comme une instance elle-même triple générée par la double causalité du Réel et de la maîtrise
LU-7.6.6. / "Rebelle" ne désigne donc pas le seul moment transcendantal et abstrait : il prend son sens par son contenu d'expérience a priori (l'"Ange")

LU-7.7.O. / le transcendantal, le rebelle et la lutte

LU-7.7.1. / la gnose non-religieuse suppose un Rebelle abstrait, s'ajoutant à la triade constitutive du champ non-philosophique, d'abord parce qu'elle ne pense pas le Réel en immanence mais par transcendance - elle réintroduit dualisme et haine du Monde
LU-7.7.2. / la contemplation gnostique sous la forme d'un doublet réel-transcendantal se donnant des "airs" d'immanence
LU-7.7.3. / le Rebelle gnostique est un transcendantal métaphysique, dont la genèse est ignorée - la maîtrise elle-même n'est pas pensée en-Un par le Rebelle (version non-philosophique) mais par l'Ange (philosophe religieux, version théoriste)
LU-7.7.4. / une simple mention ou allusion "platonique" à la maîtrise ne peut faire émerger le transcendantal
LU-7.7.5. / la gnose se donne la religion en court-circuitant son clonage et d'abord son être-donné-en-Réel, du moins temps que la non-philosophie ne se l'est pas appropriée sous la forme d'une théorie unifiée de la philosophie et de la gnose
LU-7.7.6. / (dans la gnose) le Rebelle doublant le Réel ne peut intervenir sur la maîtrise qu'au moyen de l'Ange : argument du 3è homme indéfiniment reconduit, unité transcendante toujours présupposée mais dissimulée dans la suture comme opération
LU-7.7.7. / (en non-philosophie) la Rébellion n'existe qu'en-dernière-utopie, puisque l'Homme et le Rebelle n'ont plus de lieu
LU-7.7.8. / l'esprit de lutte fournit au Rebelle la capacité d'utiliser les armes du Maître contre lui - la maîtrise est non seulement l'occasion mais le matériau de la Rébellion - bref le Rebelle est transcendantal et non transcendantal et transcendant : dans le théorisme, ce doublet est à l'origine du fameux "tranchant" et de la production des "théorèmes"
LU-7.7.9. / par l'intermédiaire du Rebelle, l'Homme-Réel met le vide de la possibilité négative au coeur de la maîtrise
LU-7.7.10. / le clonage explique la genèse du transcendantal à partir du Réel

LU-7.8.O. / contre la gnose platonisante

LU-7.8.1. / le prétendu "libéralisme" et le "manque de tranchant" de la non-philosophie sont une illusion platonisante
LU-7.8.2. / "dire n'importe quoi pourvu que ça tranche" (Saint-Gilles) - l'arbitraire du choix est ici doublement limité : soit la philosophie est donnée empiriquement sans pouvoir remonter jusqu'au Réel, soit le Réel est donné comme séparé tout en laissant la Maîtrise à sa contingence et à son étrangeté
LU-7.8.3. / Platon, pas plus que tout autre grand philosophe, ne peut résumer à lui seul la-philosophie, soit "l'identité de la philosophie et du philosopher"
LU-7.8.4. / le matérialisme, ou la tentative forcée de raccorder extérieurement le platonisme avec la dernière instance (le Réel)
LU-7.8.5. / se fermer les yeux (Saint-Michel) ou penser pauvrement avec-le-Peuple (Saint-Gilles) sont le signe d'une pensée encore éblouie par le Soleil platonicien, fascinée par la transcendance
LU-7.8.6. / seule la philosophie est suffisamment auto-englobante pour simuler et prétendre à l'immanence du Réel - c'est pourquoi le Réel est indifférent radicalement, mais non absolument, au langage-symptôme de la philosophie qui sert à le nommer
LU-7.8.7. / on ne peut pas réduire la philosophie à la seule transcendance (Platon), mais au mélange de celle-ci avec l'immanence
LU-7.8.8. / ne pas réduire la philosophie à l'épékeinaphysique
LU-7.8.9. / on use de la philosophie dès que l'on nomme le Réel, soit par ce terme de "Réel", soit par un nom "divin" qui s'y ramène
LU-7.8.10. / ramener toute la philosophie au platonisme : symptôme classique du refus grec du judaïque dans la pensée, et donc sous-estimation de la psychanalyse et de la déconstruction, etc.
LU-7.8.11. / la "philosophabilité" est cette abstraction initiale et maximale qui permet justement d'abstraire la-Philosophie du platonisme
LU-7.8.12. / l'idée de transcendance absolue comme le dualisme gnostique sont relativisés 3 fois : 1) définition de la surmaîtrise comme mélange de transcendance et d'immanence, 2) l'idée de philosophabilité comme caractère auto-englobant de la philosophie 3) la philosophabilité doit être réduite préalablement en-Réel (elle n'est pas une donnée absolue)
LU-7.8.13. / convertir la haine en rage (comme la guerre en esprit-de-lutte)

LU-7.9.O. / la lutte avec l'Ange gnostique. 1. l'affectivité et l'inspiration

LU-7.9.1. / interprétation non-philosohique d'un thème gnostique : l'Ange
LU-7.9.2. / l'Ange participe des multiples figures de la sensibilité transcendantale : étonnement (Aristote), inspiration (Platon), admiration envers Dieu (Descartes), émotion créatrice (Bergson), ivresse dionysiaque (Nietzsche)...
LU-7.9.3. / comment la pensée-Ange, d'inspiration platonicienne,vient au Rebelle
LU-7.9.4. / la non-philosophie traite le problème de la sensibilité, ou plutôt de l'affectivité en distinguant trois instances : 1) l'affect comme affecté-sans-affection, posé axiomatiquement comme le futur, 2) l'affectivité comme corrélation totale et suffisante, de nature philosophique, 3) l'affection comme sujet-existant-affectif, clone de... et pour... l'affectivité
LU-7.9.5. / trois opérations sont ainsi requises pour la réduction non-philosophique de l'Ange : 1) l'enthousiasme platonicien (l'Ange ou le Peuple) est généralisée en philosophabilité auto-englobante, 2) il est vécu-en-Homme et sa suffisance levée, 3) il doit être déterminé comme Sujet-affection première
LU-7.9.6. / exister-en-multitude est la loi du sujet-affect (Peuple, Ange) de même que l'être-donné-en-Un est celle de l'Homme
LU-7.9.7. / la gnose non-religieuse suppose encore une affection externe par le Monde en son peuple, parce que le Monde -oula maîtrise) n'a pas d'abord été posé en-Un radicalement mais auto-posée absolument
LU-7.9.8. / du point de vue de la gnose, l'Ange non réduit dans son absoluité mais "orienté" par le sujet-Rebelle et "venant à la théorie", devient une arme contre le Monde
LU-7.9.9. / du point de vue de la non-philosophie, l'Ange dé-angélisé ou dé-platonisé est réduit en affect-sans-affection, l'affect (du) Monde comme pure philosophabilité - l'Ange du Monde n'a pas à venir à la théorie mais une théorie future doit venir à lui
LU-7.9.10. / l'Ange des gnostiques tombe du Ciel : c'est miracle si l'Ange vient à à la théorie et si le Peuple de fait Rebelle

LU-7.10.O. / la lutte... 2. l'antithétique de l'Ange. La cruci-fiction

LU-7.10.1. / il y a une antithétique religieuse de l'Ange, dont tient compte la non-philosophie dans sa lutte avec l'Ange
LU-7.10.2. / supposons que la gnose use de l'Ange comme messager du Christ, le message se substituant à la croix : l'Ange serait ainsi la séparation du christianisme et de la gnose
LU-7.10.3. / la non-philosophie ne s'oppose pas simplement à l'angélisme ou à son contraire, la "crucifiabilité" ou "cruciformité" : elle réalise leur théorie unifiée comprenant des aspects christiques et des aspects angéliques - le but étant d'établir l'a priori christo-angélique à la fois unifié et unilatéralisé en-dernière-humanéité, contre la double suffisance déiforme et cruciforme
LU-7.10.4. / cruci-fiction..;

LU-7.11.O. / théorie du crime-Monde. Victimisation et victimisabilité

LU-7.11.1. / la Loi mortifère du Monde ou l'Obéissance à une transcendance de type religieuse n'atteint pas la généralité de la spécularité suffisante propre à la philosophie : ainsi divergent, dans leur contestation de la maîtrise, la gnose non-religieuse et la non-philosophie
LU-7.11.2. / les êtres humains sont victimisables à proportion qu'ils sont philosophables - et la victimisabilité est à la victimisation, ce que la philosophabilité et est à la philosophie
LU-7.11.3. / la croyance au Tout-crime ou au crime-Monde relève elle-même de la pensée-Monde - elle occulte (en plaçant le crime à la place) la teneur en humanéité réelle de la victime individuelle, son identité humaine radicale - la victime vient s'identifier au crime et entre dans un cercle infernal avec son persécuteur - le crime est un concept qui se survole lui-même, de même que la victime se survole comme persécuteur potentiel - faute de pouvoir produire les déterminations réellement universelles du crime (justement un présupposé réel), la philosophie revendique un crime exemplaire et fondateur dont elle fait un absolu
LU-7.11.4. / la justice passe par une dualité unilatérale entre la Victime-en-personne et le cercle unitaire du tout-crime (crime-criminel-victime)
LU-7.10.5. / importe évidemment la victime concrète et en-monde en tant que symptôme de l'Homme-en-personne
LU-7.10.6. / l'Ange est, comme sujet déterminé-en-dernière-Humanéité (et certainement comme divin), le sujet victimisable par définition - le genre humain est le persécuteur de l'Ange comme sujet
LU-7.10.7. / la victime est persécutée pour cause d'identité humaine, celle qui peut être posé comme ultimatum à la philosophie et à la religion, mais non pensable par elles
LU-7.10.8. / la victime symptômale (mais non exemplaire) ne fait l'objet d'aucun "devoir de mémoire" car elle passe toute mémoire : c'est l'hérétique inconnu, l'Ange inhommé, le sans-Monde

LU-7.12.O. / donner la mort, la dernière responsabilité

LU-7.12.1. / si le problème du sage grec est d'affronter la mort selon le destin avec un minimum de crainte, celui de tout homme est de donner ou de recevoir la mort selon lui-même, dans son être-révélé en-dernière-Humanéité - l'homme ne s'autorise que de lui-même lorsqu'il donne la mort - l'assassiné lui-même donne la mort comme encore humaine
LU-7.12.2. / la maîtrise et la mort sont humaines en-dernière-instance même quand elles viennent de la transcendance

LU-7.13.O. / notes annexes sur gnose non-philosophique et gnose non-religieuse

LU-7.13.1. / c'est la non-philosophie qui doit utiliser la gnose, non l'inverse
LU-7.13.2. / prétendre greffer la gnose, telle quelle, sur la découverte non-philosopphique du Réel, c'est faire fi de la philosophabilité du langage, à commencer par ce terme de Réel
LU-7.13.3. / la non-philosophie, contrairement à la gnose, enregistre la réforme kantienne du transcendantal dans le sens de l'immanence
LU-7.13.4. / la gnose tente d'absorber la non-philosophie par syncrétisme
LU-7.13.5. / la radicalisation platonicienne ou gnostique ne s'effectue par au nom du radical réel, et elle ne fait qu'ajouter à la suture philosophique une suture religieuse
LU-7.13.6. / en plus de la rigueur qu'impose la découverte non-philosophique du Réel, la gnose non-religieuse se réclame d'un tranchant qu'elle tire de la transcendance platonicienne et du pathos religieux de la division
LU-7.13.7. / l'usage non-religieux de la gnose limite l'intérêt de la non-philosophie à la découverte du Réel-Un, mais en ignorant la théorie non-philosophique proprement dite elle revient à une conception transcendante (platonicienne) de l'Un
LU-7.13.8. / la gnose désarticule l'identité unilatérale de la théorie et de la pratique, elle en fait une dualité entre théoricisme et pratique
LU-7.13.9. / l'indifférence au matériau philosophique ne doit pas être elle-même transcendante ou absolue, mais transcendantale - c'est dire que, tout en provenant de l'indifférence du Réel, elle est en rapport avec des positions et des doctrines qui, elles, ne sont pas indifférentes...
LU-7.13.10. / le transcendantal n'est pas un double du Réel
LU-7.13.11. / ignorant l'indifférence radicale, la gnose n'est indifférente qu'au langage utilisé
LU-7.13.12. / le purisme du Rebelle ou de l'Ange, qui en appelle à la haine du Monde et de la philosophie, est finalement aussi idéologique que religieux
LU-7.13.13. / le choix de la philosophie orientale contre la philosophie occidentale est, d'une part intra-philosophique, d'autre part religieux par simplification de l'appareil philosophique
LU-7.13.14. / la philosophie orientale a développé le côté épékeina-physique de la transcendance, tentant d'absorber la philosophie dans la religion (théologie négative), tandis que l'occidentale, dégrisée religieusement, privilégie le côté méta-physique tout en réservant une place superficielle au premier - pour la non-philosophie ce mélange même est constitutif de la philosophabilité, c'est pourquoi elle seule peut se présenter comme Théorie unifiée de l'Orient et de l'Occident
LU-7.13.15. / la gnose non-religieuse semble une déduction métaphysique plutôt que transcendantale (prenant ses objets dans les mélanges philosophiques de la maîtrise et de la rébellion) de la rébellion
LU-7.13.16. / la religion n'est qu'un cas particulier de la maîtrise, réglée de façon plus complexe et plus globale par la philosophie - user du langage philosophique est donc une nécessité
LU-7.13.17. / la gnose pose l'Immanent radical comme altérité au lieu de la poser de manière immanente comme unilatéralité
LU-7.13.18. / la gnose définit le matérialisme par la dernière instance, sans ajouter la pratique nécessaire de l'unilatéralité
LU-7.13.19. / le Sujet-Rebelle transcendantal n'a pas, à lui seul, le statut du penser - d'une part le transcendantal est une fonction du Réel, d'autre part le Sujet est une identité transcendantale, un clone formé de l'essence et du contenu philosophique transformé sous les conditions réelles-transcendantales de l'essence - ce contenu de pensée (venant de la maîtrise) n'est autre que l'a priori - de même qu'on n'isole pas le moment transcendantal (faute de quoi la théorie reste un idéal contemplatif), il n'est pas besoin de l'Ange : la formule même "l'Ange doit venir à la théorie" est redondante
LU-7.13.20. / lutter comme l'Homme-en-personne plutôt que trancher comme le philosophe
LU-7.13.21. / se porter à la hauteur de la philosophie ou de la religion, telle est l'ambition de la non-philosophie... qui ne reprend pas à son compte cet idéal de "hauteur"
LU-7.13.22. / la Décision philosophique est relativement formalisable
LU-7.13.23. / le Rebelle utilise un mélange de maîtrise et de rébellion, mais sous la forme d'un a priori
LU-7.13.24. / le Rebelle ne saurait être le représentant transcendantal du Réel auprès de la maîtrise - le Réel non représentable peut être dit seulement agissant dans l'esprit de la lutte - dans la gnose "contemplative", chaque instance double la suivante (Réel, Rebelle, Ange...), la bilatéralité et le cercle vicieux sont la règle
LU-7.13.25. / confusion du radical et de l'absolu dans la gnose, de l'unilatéral et de la transcendance
LU-7.13.26. / l'injustice philosophique : choisir un côté de la dyade et l'ériger en Tout
LU-7.13.27. / la non-philosophie ne donne rien au Réel et beaucoup à la maîtrise, tandis que la gnose donne trop au Réel et trop peu à la maîtrise
LU-7.13.28. / comme tout transcendantal, le sujet-Etranger possède un contenu concret tiré du mélange de la maîtrise et de la rébellion : disons qu'il s'agit de l'a priori du Rebelle pour la maîtrise philosophique (rien à voir avec l'a priori angélique de la gnose)
LU-7.13.29. / le transcendantal non-philosophique, c'est le Réel lorsqu'il se dit de la forme-philosophie auto-englobante
LU-7.13.30. / le clonage permet que ni le Réel ni le transcendantal ne soient coupés en deux
LU-7.13.31. / la gnose est un matérialisme qui ne parle parle pas de la matière de manière immanente en-dernière-matière
LU-7.13.32. / la force du transcendantal transforme la sollicitation du Réel par le matériau en un a priori pour ce matériau
LU-7.13.33. / énoncer "le Monde est transcendant" ne fait qu'universaliser la transcendance au lieu de l'uni-verser en-Un
LU-7.13.34. / d'une mauvaise indifférence au Monde
LU-7.13.35. / le transcendantal ne fait plus le nouage entre instances opposées - le clonage est l'identité qui reste ce qu'elle est même lorsqu'elle "noue" unilatéralement la transcendance qui est la substance du Monde
LU-7.13.6. / le sujet-Etranger a une essence transcendantale bien distincte de la Maîtrise
LU-7.13.37. / la gnose non-religieuse comme système de lieutenance
LU-7.13.38. / la gnose dissocie et le Réel et le sujet transcendantal pur de la pensée
LU-7.13.39. / la gnose oppose l'établissement du Sujet-Rebelle (ou transcendantal pur) dans le réel au clonage du Sujet-Etranger - la gnose pose en extériorité transcendante la Maîtrise et refuse de voir que le Réel peut "donner" la pensée
LU-7.13.40. / dans la non-philosophie, le transcendantal ne se mélange pas avec l'altérité du Monde, puisque le clonage n'est pas un mélange - c'est la pensée qui s'identifie au Réel-comme-transcendantal, mais le Réel reste séparé de la pensée
LU-7.13.41. / la gnose reste décidément néo-platonicienne : Réel, Théorie ou Transcendantal, pensée ou Ange ou Transcendance non-thétique, ceci rappelle la triade de l'Un, de l'Etre ou de l'Intelligible, et de l'Ame
LU-7.13.42. / c'est le sujet-Etranger, non l'Homme-en-personne, qui est possédé de la passion d'hérésie
LU-7.13.43. / pour l'Etranger il ne s'agit pas de transiger avec le Monde, mais de sauver le Monde du Monde
LU-7.13.44. / contre quoi lutte la non-philosophie
LU-7.13.45. / en non-philosophie, théorie et pratique sont identiques en-dernière-humanéité
LU-7.13.46. / la gnose non-religieuse est une interprétation possible de la non-philosophie en son deuxième stade
LU-7.13.47. / la non-philosophie affirme une "laïcité" de principe universelle

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