jeudi 2 avril 2009

Introduction aux sciences génériques

par François Laruelle
Editions Petra, Septembre 2008







PRESENTATION

Le terme de "générique" a toujours fait entendre d'autres nuances que philosophiques, il a même servi à renouveler voire à renverser la philosophie. Il s'oppose selon les cas à général et à universel, à global et à particulier, à total et à singulier. Sa nouvelle jeunesse est dans la phénoménologie de la vie courante, quelconque, moyenne ou ordinaire, dans la pratique réelle du "métissage" des connaissances. Il cherche à se faire une place dans le commerce des biens de consommation, dans la production épistémologique des savoirs, et pas seulement à travailler à la marge de l'ontologie. Sur cette base d'exemples, on décrit certains usages nouveaux de ce prédicat puis on forge le concept radical d'une Science Générique - fusion de la science et du sujet sous la science. Cette science-sujet est non positive, se consomme comme science de la philosophie et prend ainsi le relais de la "non-philosophie". De descriptif, le générique devient un nouvel enjeu entre les penseurs qui s'en servent pour défendre une fois de plus la suffisance philosophique et ceux qui se décident enfin à mettre la philosophie sous la condition déterminante d'une vraie science subjective.



LECTURE ANALYTIQUE


ISG – 0.0.0. / INTRODUCTION

ISG – 0.0.1. / « générique » se dira ici d’un type de connaissances capables de s’ajouter à d’autres et de les transformer sans pour autant nier leur légitimité – ajout et respect plus efficaces que les simples « métissage » ou « transfert » opérés au nom de l’« interdisciplinarité »
ISG – 0.0.2. / la philosophie coupable d'abus de pouvoir épistémologique à l'encontre des sciences
ISG – 0.0.3. / imaginons, plutôt qu'une nième "philosophie comme science rigoureuse", ramenant les sciences dans le giron de la philosophie, une recherche philosophique effectuée dans l'esprit de la science – grâce au concept de science générique, éviter le piège d'une fausse réciprocité entre philosophie et science
ISG – 0.0.4. / le générique ne doit pas être confondu avec une généralité moyenne, sous-produit de l'universel philosophique – au contraire il libère tout savoir ou toute recherche de l'horizon de la totalité, en les réorientant en fonction d'un sujet
ISG – 0.0.5. / donner leur "concept" aux savoirs génériques émergeants est une tâche elle-même inédite, non-épistémologique
ISG – 0.0.6. / d'abord le générique doit pouvoir se dire à propos des sciences et plus seulement de certaines connaissances – puis on qualifiera de "générique" une pensée-science autonome, capable d'agencer les sciences avec les philosophies sans les limiter mutuellement, simplement sur la base d'un facteur additionnel = X
ISG – 0.0.7. / de telles sciences génériques serviraient d'interface entre d'une part l'identité (elle-même non-philosophique) de la philosophie et d'autre part les savoirs disciplinaires (qu'ils soient philosophiques ou scientifiques)
ISG – 0.0.8. / contre l'épistémologie philosophique et loin de toute philosophie positiviste, une science générique "paradigmatique" obligerait toute connaissance scientifique et toute thèse philosophique à se déterminer en fonction de la constante générique, humaine en-dernière-instance
ISG – 0.0.9. à 0.0.15 / - sommaire : 1) définir une recherche de type scientifique dans la philosophie – 2) la problématique et le concept du générique : le générique comme constante – 3) l'épistémologie sous la contrainte du générique – 4) l'Homme comme condition du générique et le sujet de la science – 5) applications du générique à divers domaines philosophiques – 6) annonce de "Nouveaux Principes de la non-philosophie"

ISG – 1.0.0. / POUR LA RECHERCHE PHILOSOHIQUE

ISG – 1.1.0. / De la recherche-monde à la pensée-science

ISG – 1.1.1. / il est possible d'étudier les rapports généraux des sciences avec la philosophie du seul point de vue de la "recherche"
ISG – 1.1.2. / élaborer une authentique "recherche philosophique" qui tienne de la science son aspect recherche et de la philosophie son domaine d'objets – il ne s'agirait donc pas d'une nouvelle "philosophie des sciences" mais d'une nouvelle science de la philosophie/science – en même temps elle devra se démarquer de la recherche monde qui correspond la mondialisation actuelle de la recherche, capitaliste et philosophique, et l'analyser comme un simple symptôme pour passer de la recherche questionnante (sous la coupe philosophique) à une recherche solutionnante
ISG – 1.1.3. / la séparation entre recherche "fondamentale" et recherche "appliquée" accompagnait jadis la grande distinction philosophique du général (métaphysique, spéculatif) et du singulier (empirique) – elle doit être reconsidérée, de même que toute topologie ou archéologie générale des sciences, mais le simple commerce post-moderne des savoirs ne résout rien – l'épistémologie doit être puissamment transformée dans un sens générique, et la connaissance doit être rapportée à la recherche plutôt que l'inverse – telle sera l'orientation d'une pensée-science ou d'une épistémologie générique

ISG – 1.2.0. / Quelques thèses sur la recherche-monde

ISG – 1.2.1. / à l'heure de la philosophie faite-monde, l'économie mondialisée de la recherche entraîne un nouveau mode d'être du chercheur sous le signe du harcèlement – le devenir-monde est une forme d'économie générale sacrifiant l'identité et la dualité radicales au profit d'une fausse immanence qui est domination de l'autre obtenue à partir d'une division de soi (une partie étant incluse dans l'immanence, l'autre la constituant transcendantalement)
ISG – 1.2.2. / 1.2.3. / 1.2.4. / dans son devenir-monde la recherche a fini par s'affranchir des idéaux de la science mais pas de l'idéologie ni des contraintes du marché : l'auto-évaluation se met systématquement au service de la production d'une plus-value de connaissance
ISG – 1.2.5. / 1.2.6. / 1.2.7. / la recherche d'entreprise devient le nouveau paradigme générant de nouvelles entités disciplinaires, de nouvelles mobilités et des finalités multiples, toujours provisoires
ISG – 1.2.8. / la modélisation (si ambivalente avec sa double orientation réelle/rationnelle) est le vecteur principal de l'insertion des sciences dans la dimension du monde
ISG – 1.2.9. / l’émergence des « sciences génériques » et de l’interdisciplinarité est un autre symptôme de la mondialisation de la recherche
ISG – 1.2.10. / dans l’économie de la recherche-monde, l’ordinateur devient la force productive principale, tandis que l’informatique domine les rapports de production
ISG – 1.2.11. / deux axes de la recherche convergent et divergent à l’infini, recherche interminable (chercher pour chercher), recherche terminée (trouver pour trouver)
ISG – 1.2.12. / la recherche fondamentale, n’ayant plus de paradigmes, avance en ordre dispersée : telle est la loi de la recherche-monde
ISG – 1.2.13. / la recherche n’est plus déterminée par le chercheur comme personne, c’est le chercheur comme « technicien » qui est déterminé par la recherche
ISG – 1.2.14. / le technicien-chercheur qui n’est donc plus un « savant » au sens classiquement philosophique du terme, évolue néanmoins dans un monde largement philosophique dont il partage les valeurs
ISG – 1.2.15. / la recherche-monde est une activité concurrentielle concourrant à la guerre globale
ISG – 1.2.16. / les chercheurs sont assujettis au contrôle libéral-capitaliste de la science

ISG – 1.3.0. / La plus-value épistémologique et les sciences génériques

ISG – 1.3.1. / la "recherche philosophique" puise d'une part dans la recherche-monde son matériau et ses symptômes et d'autre part se constitue comme "science générique" – le but est de neutraliser la "suffisance épistémologique" qui asservit la science à la récupération philosophique comme à son exploitation capitaliste, le tout contribuant à l'aliénation des sujets-chercheurs
ISG – 1.3.2. / le devenir-capitalisme du monde est suivi de près par un devenir-philosophie du monde, deux formes de mondialisation intimement liées
ISG – 1.3.3. / par définition, les sciences générique renoncent (sans la détruire) à la suffisance épistémologique, cette surexploitation capitaliste et philosophique de la recherche
ISG – 1.3.4. / la pulsion philosophique au devenir-monde est souvent niée par la philosophie elle-même
ISG – 1.3.5. / la science générique n'est pas "donnée" a priori mais "cherchée", puisqu'elle fournit en même temps le concept de la "recherche"
ISG – 1.3.6. / l'objet de la science générique sera de construire les règles et les présupposés les plus généraux de toute recherche-monde, et plus généralement de poser les conditions d'un sujet générique de la science qui soit en-lutte contre la suffisance épistémologique
ISG – 1.3.7. / contre le système à Un/Deux termes qui caractérise la philosophie et sa suffisance, la science générique va donner un contenu effectif à l'Unilatéralité ou Dualité unilatérale

ISG – 2.0.0. / LE GENERIQUE COMME PREDICAT ET COMME CONSTANTE

ISG – 2.1.0. / Quand parle-t-on de "générique" ?

ISG – 2.1.1. - il convient d'unifier à l'intérieur d'une pensée-science les deux sources principale du générique
ISG - 2.1.2. - la première source est l"homme générique" de Feuerbach qui conteste l'universalisme abstrait et tente même, sous des auspices encore trop religieuses, de se démarquer de La philosophie
ISG - 2.1.3. - la seconde source est d'ordre technico-scientifique : elle concerne d'une part un certain usage plus "modeste" des sciences, une circulation des savoirs dépourvue de toute volonté fondatrice, hégémonique ou réductrice ; d'autre part elle se rapporte à des produits comme on dit "dégriffés", ayant acquis une certaine "généralité" au détriment de la suffisance et de l'unicité de la "marque"
ISG - 2.1.4. - le générique possède une vertu critique et désensorcelante à l'égard des objets, allant bien au-delà de ce que dénonce Marx sous le nom de "fétichisme" - le ressort de celui-ci n'est pas seulement idéaliste ou théologique mais plus gobalement philosophique, dans la mesure où une philosophie quelle qu'elle soit ordonne structurellement les idées et les choses vers un Tout ou un Absolu, tout simplement celui de leur/son auto-justification - or le générique se présente comme la contestation radicale de cet ordre en ne reconnaissant le Tout que dans le genre et la spécificité
ISG – 2.1.5. – dans le modèle abstrait du savoir, le générique correspond à un supplément de propriétés paradigmatiques, c'est-à-dire à une soustraction par formalisation des données ; tandis que dans le domaine commercial, on peut simplement parler d'une réduction de la qualité globale du produit
ISG – 2.1.6. – le projet est de transformer les deux sources-symptômes (philosophique et scientifique) du générique afin d'en révéler l'identité simplement humaine

ISG – 2.2.0. – du concept de générique à la science générique

ISG – 2.2.1. – il ne s'agit pas seulement de clarifier le concept de généricité mais de créer les conditions de possibilité d'une science générique
ISG – 2.2.2. – une science générique se caractérise comme une force-d'intervention interdisciplinaire foncièrement étrangère (aux savoirs concernés) ; la force du générique est la force-d'insertion de l'Etranger, en tant que nouveau type d'universel, dans une communauté constituée
ISG – 2.2.3. – l'intérêt d'une science générique serait d'intervenir auprès des disciplines complexes, comme l'épistémologie ou l'esthétique, elles-mêmes massivement investies par la philosophie
ISG – 2.2.4. – l'investissement du générique dans les sciences se fait sans forçage et surtout sans recherche de plus-value philosophique – le générique se contente de mettre en place une double causalité, occasionnelle d'une part sur la base des symptômes philosophico-scientifiques existants, "humaine" d'autre part en fonction de la détermination en-dernière-instance du sujet scientifique
ISG – 2.2.5. - le générique vaut univoquement pour toutes les disciplines et toutes les philosophies, mais en préservant leur autonomie relative ; son apport n'est pas de fondation ou de fécondation, mais purement de service et, indirectement, de transformation
ISG – 2.2.6. – une arme pour lutter contre les apparences transcendantales, constituées par les mélanges philophico-scientifiques
ISG – 2.2.7. – l'intervention générique, quoiqu'interdisciplinaire, n'est pas une traversée ou une diagonale archéo-épistémologique, elle reste unilatérale car elle s'effectue précisément sur le bord unilatéral (ni intérieur ni extérieur) de chaque discipline – étrangeté vraiment radicale, l'unilatéralité ne doit pas non plus être confondue avec la marginalité complice

ISG – 2.3.0. – addition indempotente. vécu stérile. unilatéralité

ISG – 2.3.1. pour entrer dans le concept de générique, il y a une voie phénoménologique et une voie symptomatologique
ISG – 2.3.2. – un premier axiome directeur est la constante du Réel-Homme, soit l'immanence comme propriété logique de l'addition idempotente
ISG – 2.3.3. – le deuxième axiome redéfinit l'idempotence comme opérateur vécu, vécu sans-sujet
ISG – 2.3.4. – le troisième axiome concerne l'articulation de l'idempotence sur un objet transcendant : articulation elle-même immanente donc unilatérale, transformant la cible en objet unifacial
ISG – 2.3.5. – En résumé, le générique : 1) est individué sur le mode de l'Un-sans-Tout, 2) porte sur une sphère a priori universelle, la transcendance unilatéralisée, 3) procède en soustrayant un unique côté de la transcendance biface
ISG – 2.3.6. – le sur-Tout est l'autre nom du système totalisant/détotalisant de la philosophie et de l'épistémologie, leur volonté de puissance même

ISG – 2.4.0. – les traits distinctifs du générique

ISG – 2.4.1. – identification de quelques symptômes du générique dans la philosophie
ISG – 2.4.2. – le premier caractère de l'être-générique est son étrangeté, sa capacité à recevoir une universalité autre que la sienne d'origine – la fonction ajoutée constituant un savoir générique est précisément son usage unilatéral
ISG – 2.4.3. – il possède une fonction d'a priori qui lui permet de produit un Tout "simple" distinct du sur-Tout philosophique
ISG – 2.4.4. – sources scientifiques : l'addition idempotente est une fonction générique importée (analogiquement) à partir la physique quantique – certaines structures algébriques à forte teneur paradigmatique peuvent également figurer des objets génériques
ISG – 2.4.5. – le générique est l'individu qui revendique l'universel dans la finitude, qui résiste aux sirènes de l'absolu et du sur-Tout
ISG – 2.4.6. – ce n'est pas l'individu des singularités extrêmes critiquant l'identité, mais une autre expérience de l'identité
ISG – 2.4.7. – le générique est aussi une constante "matériale", l'intuition d'un contenu a priori et d'un Tout simple
ISG – 2.4.8. – exemple d'un traitement symptomatologique générique : comme on sait la base matérielle de Marx est Force de Production, mais justement celle-ci n'est pas encore générique étant associée dialectiquement aux Rapports de Production – l'homme générique comme vécu idempotent n'est pas lié à, il représente cette nouvelle base productive idempotente que constituent ensemble les forces productives et les rapports de production - l'Homme générique, sous la forme d'un sujet, a soustrait sa matérialité propre au contenu mixte du symptôme (marxiste en l'occurrence)
ISG – 2.7.9. – on distingue la validité générique et l'autorité philosophique – l'Homme-en-personne détermine une validité mais non une autorité, le savoir comme pouvoir reste le fait de la philosophie
ISG – 2.7.10. – "générique" n'implique nullement un engendrement indéfini d'énoncés vrais à partir des axiomes – on pose, plus radicalement que Gödel, la non-suffisance de l'axiomatique, et l'impossibilité réellement humaine (plus seulement logique) de l'auto-fondation du savoir
ISG – 2.7.11. – la confusion traditionnelle de l'Homme-en-personne et du Sujet empêche l'émergence du générique et d'une véritable égalité des humains en-dernière-instance – l'Homme-en-personne et sans-Sujet n'est pas soluble dans l'Existence, sauf à exister comme Sujet-Etranger

ISG – 2.8.0. – l'acquisition de la constante générique

ISG – 2.8.1. – premier moment : réduire le sur-Tout de l'Un-de-l'Un en indempotence de l'Un-en-Un
ISG – 2.8.2. – second moment : tenir le Vécu immanent pour une gnôsis non transcendante, un savoir qui ne se sait pas
ISG – 2.8.3. – il ne faut pas voir dans la connaissance générique un "reflet" du Réel (thèse matérialiste), mais plutôt un a priori lui-même vécu faisant bord, unilatéralement, pour le monde et la philosophie
ISG – 2.8.4. – l'ordre de l'a priori ou du bord unifacial, en tant que connaissance, n'est pas moins immanent que l'Un-en-Un bien que celui-ci s'en distingue en tant que Réel
ISG – 2.8.5. – bien que les "philosophies de l'immanence" confondent celle-ci avec une intériorité ou un plissement, l'immanence réelle se définit comme ce qui est radicalement implié et impliable
ISG – 2.8.6. - une constante générique est donc un Tout unilatéral dé-duit de la philosophie et pour celle-ci mais déterminé de façon immanente par le seul Vécu
ISG – 2.8.7. - l'unifacialité de la connaissance générique peut aussi bien être décrite comme un "entre-deux-implié", un mi-lieu soustrait d'un pli ou d'une dualité philosophique
ISG – 2.8.8. – le concept d'interdisciplinarité est lui-même transformé par la présence de cet Etranger qui ne se plie pas et qui se tient simplement au mi-lieu
ISG – 2.8.9. – s'appliquant à une division quelconque dans l'ordre philosophique, une identité générique n'est pas une moyenne ou une "solution" mais un mi-lieu

ISG – 2.9.0. – l'a priori génétique, du soustractif au soustrait-sans-soustraction

ISG – 2.9.1. – l'a priori générique est soustrait-sans-soustraction, c'est-à-dire qu'il n'ajoute rien au réel pas plus qu'il n'augmente le savoir ; il se contente de transformer ce dernier comme vérité en-dernière-instance, ou vrai-sans-vérité – le soustractif philosophique, lui, n'est qu'une procédure mixte s'ajoutant au Logos qu'il prétend transformer

ISG – 2.10.0. - circulation philosophique et circulation générique – théorie du Mi-lieu

ISG – 2.10.1. – la "circulation philosophique" est un système à double duplicité : empirico-transcendantale et transcendantale-réelle
ISG – 2.10.2. – la philosophie constitue un cercle parfait (au-delà des touts particuliers qu'elle engendre, les systèmes) puisqu'elle tourne en (voire sur) elle-même
ISG – 2.10.3. – il faut concevoir une circulation générique des biens et des connaissances de type non-philosophique et non-marchande : une circulation non-circulaire, universellement locale et sans-rapport avec le marché
ISG – 2.10.4. – concevoir le Mi-lieu non comme une division du lieu, mais plutôt comme l'identité du Mi-, plus déterminante que le lieu lui-même et synonyme d'unilatéralité
ISG – 2.10.5. – en même temps le générique rend possible une certaine pratique du milieu, là où la philosophie est à elle-même son propre lieu, toujours par division
ISG – 2.10.6. – le générique a pour effet sur le Tout de la philosophie de le marginaliser, de le réduire littéralement au bord de l'humain

ISG – 2.11.0. – vrai-sans-vérité, force faible, tort minimal

ISG – 2.11.1. – le générique, force faible d'intervention sur les savoirs
ISG – 2.11.2. – grâce au générique la philosophie peut recevoir des prédicats qui ne forcent pas sa nature – le générique est force-sans-forcer, transformation-sans-se-tranformer soi-même
ISG – 2.11.3. – le forçage générique provient de cette force faible que peut l’idempotent – l’Homme se destine au monde comme Etranger, bord a priori qu’est l’Autre-que – le tort minimal fait à la philosophie est d’intervenir sur elle au nom du Futur-en-personne
ISG – 2.11.4. – un : dégager l’Homme de la représentation philosophique, lui proposer comme nouvelle posture l’a priori générique
ISG – 2.11.5. – deux : introduire un sujet lui-même générique, forçant la représentation philo-épistémologique à se transformer
ISG – 2.11.6. – la science générique met en œuvre des vérités purement axiomatiques déterminées en-dernière-instance par le réel idempotent
ISG – 2.11.7. – elle est forcément hérétique voire fictionnelle, elle passe outre la représentation épistémologique de la pensée

ISG – 2.12.0. – style philosophique et style générique - amplification/implification

ISG – 2.12.1. – le style « implié » de la science générique est celui d’un universel simple, un espace a priori adjacent au Vécu ne reformant pas une intériorité auto-dévorante – la philosophie est une amplification monstrueuse de l’expérience, la science générique sera une implification du capital philosophique
ISG – 2.12.2. – le générique rassemble le philosophique et le scientifique au Mi-lieu des extrêmes, dans le Sujet
ISG – 2.12.3. – un axiome générique n’est que l’expression de l’Homme-en-personne, lui-même axiome vécu et cause immanente du Sujet qui l’énonce


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