mardi 23 juin 2009

François Laruelle, une transmission d'Humanité. Témoignage.


Il se pourrait bien que, de temps à autre, certains hommes endossent cette fonction ou cette charge de passeurs, « passeurs d’humanité », comme d’autres se firent naguère messies ou prophètes, « passeurs de divinité » . Il se pourrait bien, surtout, que l’humanité soit passage et ne soit rien que passage, transmission. Mais ce que François Laruelle nous enseigne, avec la « Non-Philosophie », c’est que cette transmission doit être pensée elle-même de façon humaine, c’est-à-dire à l’écart de tout habitus culturel ou même philosophique. Si le don d’humanité n’est pas « naturel » (par hérédité), il n’est pas non plus simplement « culturel » (par héritage et institution), il doit être humain en-dernière-instance ; cela signifie que dès avant le processus de transmission il y a bien l’Homme en tant qu’Un, « l’Homme-en-personne » et non l’Humanité justement. Cela implique aussi qu’un Homme en tant qu’Un, ou encore Identité radicale, ne « se » transmet jamais « lui-même » : il y a là une impossibilité réelle autant que logique. Il ne peut que transmettre ce qui est directement inférable à partir de l’Homme, soit l’Humanité, l’Humanité en tant que communauté d’Uns également irréductibles et inaliénables, soit une communauté universelle d’Etrangers. Voilà pour la théorie de la « transmission » non-philosophique, sur laquelle je reviendrai. Mais il y a aussi l’homme, François Laruelle, non-philosophe formé à la philosophie, passeur d’humanité dans un sens un peu spécial. L’homme, autrement dit l’ami, l’écrivain, le professeur, le fédérateur de collectifs ou le président d’association, nous montre que le passage d’humanité passe essentiellement par l’hérésie – l’hérésie comme passage d’humanité.