jeudi 12 novembre 2009

En-résistance. Au-delà du principe de Révolte

Conférence prononcée au colloque "Résistance(s) : theory and practices" de l'Université de Tulsa (OK, USA) le 23 octobre 2009.

Je me propose de défendre un certain concept de la Résistance pour justifier conséquemment une certaine pratique de la résistance. Le point de vue théorique se veut des plus "réalistes", puisque je cherche à dégager le concept d'une force-de-résistance réelle, une posture en-résistance autorisant des formes de lutte bien concrètes, au-delà d'un principe de révolte trop général et trop idéologique, j'irai même jusqu'à dire trop philosophique. Je serai conduit – de façon surprenante peut-être – à proposer une alternative "non-philosophique" aux conceptions traditionnelles de la lutte. En effet, comme François Laruelle nous l'a enseigné, la philosophie dans son ensemble manifeste, presque nativement, une forme négative de résistance, qu'il faut commencer par écarter. La philosophie pense davantage à se défendre plutôt qu'à défendre des causes réelles.
Sur la base de cette force-de-résistance, il apparaîtra alors clairement que résister est bien la manière la plus probante et la plus légitime de lutter. C'est justement en-résistant qu'on est véritablement en posture de lutte réelle, en-lutte, sans rien devoir à l'idéologie ni même à la philosophie.
Pour illustrer mon propos je prendrai le cas exemplaire de la "désobéissance civile", soit une forme de résistance pacifique mais déterminée, que nous rencontrons à l'heure actuelle en France sous des formes multiples, notamment dans l'Education Nationale où un mouvement de "résistance pédagogique" s'est constitué et fait beaucoup parler de lui.
Cependant, il s'agit davantage que d'un exemple : en effet si la résistance est la forme de lutte la plus légitime, il se pourrait bien que la désobéissance civile soit la forme de résistance la plus légitime face à un mal nouveau et mondial, qui frappe les citoyens de tous les pays, j'ai nommé : le harcèlement