mardi 14 septembre 2010

Les principes de la Science (de) l'Un dans la Non-philosophie de F. Laruelle (2è période ou "philosophie II")



1. L’Un ou le Réel de-dernière-instance

Le tout premier principe est naturellement l’Un lui-même. Mais le terme de “principe” lui convient assez mal, car sa primauté ne lui vient pas de ce qu’il est un “principe” (ce qui renvoie fâ­cheusement à un concept ou à une idéalité) mais plu­tôt de ce qu’il est “Un”. Contrai­rement aux apparences l’argu­ment n’est pas une pétition de principe ou un sophisme, car à y bien réflé­chir il n’est pas si évident que l’Un soit Un. Il pour­rait être l’Un et l’Autre par exemple, ou Un et Multiple à la fois. Or nous constatons simplement que l’Un est Un, moins parce qu’il “est” que parce qu’il est “Un”. On sait que la pensée phi­losophique a rejeté l’Un en tant qu’Un, pour lui substituer l’Etre en tant qu’Etre, ce qui inclut à la fois l’Un et l’Autre, et assimile abusivement le Réel-Un à l’Etre-Un, soit au principe d’unité. Autrement dit à la pensée la plus simple, la plus élé­mentaire, la philosophie a substitué un préjugé mé­taphysique. L’Un n’est pas un Etre ou un Etre-Un, donc une relation, mais un terme.  C’est une pétition minimale, le minimal radical de toute pensée. Quant à la pensée de l’Un, nous ne l’appellerons pas “philosophie” mais “Vision-en-Un” ou “Science (de) l’Un”. La première expression, notamment, dit bien de quel savoir immanent il s‘agit : non pas d’une “recherche” de l’Un comme cela serait le cas d’une philoso­phie, ni même d’une “sortie” de l’Un ou d’une application, ce qui ren­verrait à l’Un comme principe d’unité capable de se répandre, de se “dis-pen­ser” dans une “pensée” appropriée comme la spéculation mys­tique par exemple. “La Vision-en-Un est l’expérience de la pensée qui reste une fois pour toutes dans l’Un sans éprouver le besoin ou la prétention d’en sortir ou bien de devoir y accé­der” note François La­ruelle (Philosophie et non-philosophie, Bruxelles, P. Mardaga, 1989, p. 46).
L’Un et le Réel sont synonymes. Tout au plus peut-on dire que “L’Un réconcilie en lui le réel, en tant qu’il se dis­tingue de l’ef­fectivité (...) et la vérité en son essence” (p. 40). “Rien-que-réel” si­gnifie notamment non-mixte, en dehors de tout mé­lange avec le langage, la philosophie, avec tout usage que l’on pourrait en faire. Le fonctionnel, l’effectif, et tous les registres de l’Etre en général (l’être-là, l’être absent, l’être en-soi, l’être pour-soi, etc.) outrepassent le Réel, “soit une expérience qui précède toute décision” (p. 41). La “Décision”, c’est ainsi que Laruelle carac­térise toute philosophie, en tant qu’elle part d’un mixte, d’une dyade plutôt que de l’Un, en tant aussi qu’elle ne peut que s’auto-décider et s’auto-poser en s’identifiant au mixte initial composé du réel et du lan­gage. Nous en revenons à l’op­posi­tion entre deux logiques : celle des termes, inconnue de la phi­losophie comme du sens commun, et celle des relations.
Poursuivons ces indications par une énumération des “matrices de description possibles de l’essence de l’Un” (p. 41), sans que cette liste soit le moins du monde exhaustive bien entendu. A condi­tion de vider ces termes de leur sens philosophique habituel, c’est-à-dire en les considé­rant comme des termes (absolus) et non comme des concepts (relatifs et relationnels), nous pou­vons commencer par dire que l’Un est une Identité privée de scission, de division interne, mais aussi bien d’iden­tification. En aucun cas il ne s’agit d’un résultat. Il est le déjà-donné plu­tôt que le supposé-donné  vicieux et transcendant de la philoso­phie. Il est aussi l’Intériorité privée de toute intériori­sation comme de toute expression accompagnatrice. Il est l’­Homme ou même le Sujet si l’on y tient, à condition d’y voir une jouissance ou plutôt un jouir immanent (de) soi. Cette phrase résume  ce qui précède : “Plutôt qu’un sujet pré-donné et qui ensuite s’étreindrait — c’est cette étreinte elle-même, avant toute synthèse extérieure, qui constitue le noyau réel de la sub­jectivité de l’Un, sa seule humanité possible” (p. 42). Par ailleurs, l’Un est un transcendantal d’une espèce inconnue en philoso­phie, seulement réel et ne contenant aucune idéalité a priori. De même le qualificatif de “non-thétique ” désignera cette identité à la fois non-décisionnelle et non-positionnelle (de) soi (Laruelle met le “de” entre parenthèse pour effacer toute idée de rapport à soi). Il s’agit aussi bien de l’Individu en tant qu’il fonde sa cause (sur) soi même plutot que sur rien, ce qui re­nouerait avec une forme de transcendance. Ou encore une finitude ab­solue caractérisée par son impuissance à se déterminer et à s’auto-constituer : l’Un est le déjà déterminé et le manifesté avant toute (auto-)manifestation ; une expérience passive (de) soi sans contrepartie ac­tive ou opérationnelle. C’est l’immanence réelle et non simplement at­tributive, c’est-à-dire l’absence de tout mixte d’immanence et de transcendance... L’on pourrait pour­suivre à l’infini, sans que le choix des termes ait une impor­tance considérable pour ce qui se laisse dé­crire par-là : cela fait partie de sa passivité ou de son indifférence radi­cale, notam­ment à l’endroit du langage.


2. Précession de l’Un sur sa description 

Evidemment, à partir du moment où il est décrit, l’Un n’est plus tout “seul” : le langage “est” en même temps que lui. Mais l’Un n’a pas été décrit comme un être solitaire : d’abord l’Un n’est pas l’Etre, en­suite il n’est pas l’Unique (une des versions métaphysiques de l’Un). Il faut tenir ferme sur ce qui suit : l’Un admet le langage mais ne fait pas couple avec lui. Inversement le langage n’admet pas l’Un, du moins en régime philosophique. La philosophie ne reconnaît pas l’Un faute de pouvoir en dire quelque chose qui soit conforme à l’essence du langage, c’est-à-dire à la dyade du réel et du langage, ou encore le fait que le lan­gage ait à rendre compte de l’être-un du réel, et donc finalement plutot de l’Etre que de l’Un. L’Un est une im­manence sans distance et sans dualité, avant même l’imma­nence du langage postulée par la philoso­phie, qui n’est jamais qu’un certain usage du langage en tant qu’il est supposé faire couple, comme on l’a dit, avec le réel. L’Un — du moins l’Un en tant qu’Un — est frappé d’interdit en philosophie, sauf à faire couple avec l’Etre, ou avec l’Autre, pour la raison qu’on ne peut rien en dire sans l’Etre. Pas d’Un qui ne soit  Un, af­firme le philosophe. Ce­pendant, bien plus profondément en­core, il faut dire : pas d’Etre qui ne suppose l’Un, bien que cela ne concerne pas l’élément du langage ou son milieu (la présup­position n’y est qu’Unité) mais plutôt sa cause, soit justement l’Un ou le Réel. Il est difficile d’admettre la préséance unilaté­rale du Réel sur le langage, quand on est philosophe, puisque c’est toute la philosophie qui prétend légiférer sur ce Réel, qu’elle ne peut enregistrer que comme une partie d’elle-même : c’est son postu­lat unitaire majeur et plus précisément ce que nous appellons le “principe de philosophie suffisante” (PPS). La non-philosophie, au contraire, considère le langage en géné­ral et la description de l’Un en particulier comme contingents par rapport à l’Un, non constitutifs de son essence. Ceci est d’une importance capitale et entraîne au moins deux consé­quences. Premièrement cela explique les multiples des­criptions possibles de l’Un et le fait qu’aucune ne puisse être privilé­giée, ou considérée comme définitive, ni même probablement comme “systématique” si le système désigne “la réciprocité de l’objet et du discours sur lui” (p. 49), ce qui est exclu par principe. Cette des­cription dépend par conséquent du matériau utilisé, quelqu’il soit, un matériau nécessairement de nature et d’origine philoso­phiques. C’est la deuxième conséquence : un matériau philoso­phique quelconque, ou si l’on veut un “langage”, est toujours requis pour décrire l’Un qui, ne dis­posant d’aucun langage adéquat puisque tout langage lui est foncière­ment extérieur, peut utiliser n’importe lequel ; l’essentiel étant que si un lan­gage est nécessaire à la description de l’Un, il n’est pas néces­saire à l’Un lui-même, la description (ou la Science) étant aussi contingente en soi par rapport à l’Un que peut l’être par rapport à la description et à ses règles le matériau philosophique quel­conque. On se gardera bien d’imaginer l’Un comme un retrait ou un secret qui ne pourrait qu’être trahi par le langage, car ce serait alors revenir au mieux à une théologie négative et au pire à une conception ésotérique de l’Un. “Le langage ne trahit pas l’Un, il ne peut jamais le trahir puisqu’il n’a pas même origine que lui et qu’il est trouvé dans le Monde [alors que l’Un n’est pas du Monde] — mais en un sens il le refoule toujours, à la fois parce qu’il présuppose l’Un et qu’il n’appartient pas à ce­lui-ci de manière consti­tutive” (p. 50). Abandonner le postulat unitaire de la philosophie selon lequel le langage serait co-constituant du réel revient  positivement à augmen­ter et à généraliser la fonction descriptive du langage, dont on peut alors tirer des ef­fets inédits. Il aura fallu pour cela remplacer le postulat en question par une hypothèse qu’on peut appeler “dualitaire”parce qu’elle place le langage ou la philosophie en position radicalement se­conde, sans possibilité de retour ou de corrélation réciproque. Les choses vont de l’Un au langage mais en aucun cas du langage à l’Un : la Science ou la non-philosophie s’effectue sur 1/2 termes, unilatérale­ment, tandis que la philosophie nécessite 2/3 termes, circulairement.


3.  La détermination-en-dernière-instance et l’unila­té­ra­lité 

La philosophie part d’une dualité “unitaire”, complexe, néces­saire, alors que la Science part de l’Un qui n’exclut pas une dualité simple, éventuellement. La philosophie est le mixte de la Dyade et de l’Un, et ce mixte forme une unité ; malgré cela c’est bien la Dyade, c’est-à-dire le couplage lui-même de l’Un et du Deux qui constitue l’in­variant le plus profond et le véri­table point de départ. Ce qui signifie encore que la philoso­phie prend son départ sur un donné transcen­dant et extérieur, qu’on peut appeler le Monde. Tandis que la cause de la Science n’est pas “extérieure” à elle, bien qu’elle ne soit pas non plus “en” elle, ou “elle-même”: elle est intérieure simplement au sens où c’est l’intériorité qui cause la Science. C’est donc l’ordre dans lequel on place ces deux principes, l’Un et la Dyade, qui compte en dernier res­sort : la Science part du premier et la phi­losophie du second. Mais seule la Science permet en même temps la reconnaissance et l’exploi­tation — qu’on appellera “non-philosophique” — de la Dyade comme telle : celle-ci ap­paraît alors comme un “reflet non spéculaire”, ou en­core une “représentation non-thétique” (RNT) de l’Un, absolument dé­terminée par lui mais ne le co-déterminant pas. Cette causalité unilaté­rale et non circulaire de l’Un, on peut l’appeler avec F. Laruelle “Détermination-en-dernière-instance” (DDI), pour re­prendre une ex­pression de Marx visant aussi, mais dans un tout autre contexte, la cau­salié du Réel.
Ce n’est jamais que la forme de causalité propre à l’Un comme immanence radicale. Cela signifie que le Réel-Un, n’é­tant ja­mais le terme d’une relation, n’est référence par rapport à un X donné qu’en-dernière -instance seulement. “‘Dernière instance’ signifie que l’Un est l’unique cause réelle quelles que soient la distance de l’effet et les mé­diations qui le séparent de l’Un ; cause que raisonnement ou descrip­tion ne quittent jamais et n’objectivent pas subrepticement en le met­tant en face à face (= dyade) avec un autre donné” (Dictionnaire de la non-philosophie, Paris, Kimé, 1998, p. 50). Cet aspect “réservé” de la cau­salité réelle implique d’ailleurs l’existence d’une deuxième cau­salité, dite “occasionnelle”, des data mondains eux-mêmes : “il n’y a de causalité de l’Un que pour répondre à une cause ou à une extériorité occasionnelle” (id.)  que l’Un ne suscite jamais di­rec­te­ment. Si un non(-Un) existe ou se présente, alors il est for­clos de l’Un comme de sa cause réelle ; il ne se rapporte à ce dernier que sur le mode du reflet non spéculaire ou du “clonage” (cf. les Principes de la non-philosophie, 1996 – troisième période de la théorie non-philosophique), opéré sur lui par l’Un.


4. La représentation non-thétique et ses a priori

La précession de l’Un étant établie, nous pouvons maintenant nous concentrer sur le Monde, ou plutôt sur le plan de la Transcen­dance comme reflet non-spéculaire, déterminé en-dernière-instance par l’Un mais constitué en lui-même de structures aprioriques qu’il nous reste à présenter. Après l’Un, au fond, nous avons à nous occu­per du (non-)Un, c’est-à-dire ce qui est “vu” du Monde depuis l’Un. Ré­servons la formule “Non(-Un)” pour désigner au contraire ce qui est vu du Monde depuis le Monde, c’est-à-dire aussi par la philosophie. L’Un n’empêche pas le (Non-)Un, c’est évident, mais il ne l’appelle pas non plus. Ce dernier se présente de toute façon et d’abord comme un “point de vue” spécifique, essentiellement marqué par la Résistance qu’il oppose à l’Un. La philosophie elle-même se leurre en croyant ré­sister au Monde, alors qu’elle ne fait que se lover autour de lui, se confondant même avec cette étreinte ; mais en réalité c’est à l’Un qu’elle résiste et à lui seul. La non-philosophie se définit d’abord comme la levée de cette résistance philosophique à l’Un, une sorte de réduction trans­cendantale qui “laisse” être la philosophie mais la prive de son propre point de vue théorique sur elle-même, de ses aspects auto-décisionnels et auto-positionnels. A partir de là nous pou­vons exposer clairement les a priori de la représentation qui seuls permet­tent une description rigoureuse du matériau.
Voici donc les a priori de l’objectivité qui permettent de définir un objet (doctrine, théorie, concept philo­sophiques...) pour la non-philosophie et plus largement pour la Science. Ces a priori sont au nombre de quatre car il y a quatre dimensions de la décision philosophique à réduire. D’un autre côté la déduction de ces a priori reste parfaitement transcendan­tale, car elle s’opère de la “Vision-en-Un” et à partir de l’Un lui-même, non d’une quelconque opération idéalisante comme c’est le cas dans les philosophies transcendantales (l’entendement, la perception, etc.). De l’Un, on ne peut que passer directement au Deux, à la quintessence du multiple. D’où le premier a priori. — 1° La philosophie se veut d’a­bord une théorie de la philosophie, et c’est bien pourquoi elle n’est jamais une véritable théorie, mais au pire une spéculation, au mieux une théorie/pratique : toujours une dé-cision et d’abord une auto-décision. Il y aura donc tout d’abord un premier a priori réduisant la philoso­phie comme “point de vue sur soi-même” à un pur et simple matériau. Ce matériau qui est le tout premier effet de la réduction laisse en quelque sorte “sur le car­reau” la décision philosophique, réduite à l’état de donnée inerte et stérile, privée de toute autorité sur elle-même : F. Laruelle propose donc de nommer “chaos” ou “chôra” cet état du ma­tériau philosophique où la résistance elle-même (toujours réelle) n’a pas plus d’incidence que n’importe quel autre élé­ment. Ce premier a priori correspond aux aspects auto-déci­sionnels et auto-positionnels de la décision, qu’il suspend. Le “principe de philosophie suffisante” (PPS), qui déclare indis­sociables et co-déterminés la philosophie et le réel (et à un étage inférieur le langage et le réel), est directement touché et rendu inopérant. Cet état du matériau n’est pas négatif, répétons-le, puisqu’il est au contraire la condition de sa réexploitation et même de sa réintensification ultérieures. — 2° Immédiatement après l’on dis­tingue une Transcendance-non-thétique (TNT), soit l’Autre comme tel sous la forme d’une extériorité sans re­vers et sans repli. Ce deuxième a priori témoigne dans le re­gistre non-philosophique de la scission ou de la décision pro­prement dite en régime philosophique. Il s’agit là d’une déci­sion non-décisionnelle de soi, simplement exposée, une sorte d’“ouverture sans ouvert” ou d’“extase sans horizon”. — 3° En­suite l’on distingue une Position-non-thétique” (PNT), là encore non-positionnelle de soi mais plutôt posée telle quelle, et correspondant à la dimension de l’Etre ou de l’universalité, soit la position dans son usage d’attribut en philosophie. — 4° Enfin l’Unité-non-thétique (UNT) des deux précédents a priori, Unité sans mixité en non-philosophie, par opposition au mixte comme Unité en philosophie. Cette Unité qui correspond à l’auto-factualisation de la philosophie fait en même temps office de sujet de la représentation, bien qu’un tel “sujet” ne rende pas entièrement compte du Reflet-non-thétique (RNT) lui-même, lequel n’est plus un a priori mais le vis-à-vis ultime de l’Un et donc l’objet de connaissance (OC) visé par la Science. Pour autant il ne s’agit pas de l’objet mondain, empirico-transcen­dant, ainsi livré en ma­tériau et servant d’abord d’occasion contingente à la chôra. L’Un peut bien se passer de cette couche intermédiaire que représente l’a priori et même le reflet, mais la Science tout au moins les pose comme né­cessaires et n’a d’ailleurs affaire directement qu’à eux. Il s’agit donc d’un objet rien-que-transcendant, délivré de la mixité, un objet si l’on veut purement “théorique” en tant qu’il relève d’une appa­rence voire d’une “imagination” transcendantale : l’imaginé précédant ici absolument toute opération imaginante. Cependant il faut distinguer deux types ou plutôt deux notions de l’objet. Le simple rapport entre le matériau et les a priori, par la guise notamment du sujet non-thétique, relève de ce qu’on peut appe­ler une “fonction support” (Fs) du matériau, la plus importante de ses fonctions, et il se déduit de ce rapport un objet qu’on peut appeler l’“objet réel” (OR), simple corrélat de l’UNT. Mais l’objet de connaissance (OC), lui, résulte du rapport entre les a priori de l’objet (matériau compris) et l’Un de-dernière-instance, soit le Réel. Rappelons que ce rapport (et non seule­ment l’objet) prend lui-même sa source en l’Un, unilatérale­ment.

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