samedi 10 septembre 2011

La décision philosophique


La Décision est l'invariant structural principal de la philosophie, synonyme de mélange et d'unité-des-contraires.

Dans la tradition philosophique la décision est un acte de jugement mobilisant des fonctions empirico-transcendantales hiérarchisées, partiellement déconstruites par les modernes "philosophies de la différence". Mais en tant que spécifiquement, structurellement philosophique, c'est une opération de transcendance hallucinatoire plaçant le Réel dans l'unité (plus ou moins différée) des contraires, et finalement dans la philosophie elle-même (principe de philosophie suffisante).

La téléologie la plus constante de la philosophie, c'est la volonté d'unifier et de synthétiser. L'invariant sous-jacent à toutes les synthèses philosophiques demeure le cercle ou la détermination réciproque : par exemple la philosophie, en tant qu'épistémologie, est censée co-déterminer la science. Dans les hiérarchies mises en place par la philosophie, celle-ci occupe toujours la position dominante. En l'occurrence, elle doit concilier sa prétention à dominer la science et son besoin d'accueillir les data scientifiques, synonymes de finitude.

La décision philosophique consiste à diviser pour rassembler et à ne concevoir la différence que dans la simultanéité ; elle se structure comme dyade hiérarchique ou auto-positionnelle, toujours en état de survol par rapport à elle-même. En d'autres termes, la philosophie assoit sa dernière légitimité en s'exceptant partiellement des synthèses autoritaires effectuées par ses soins.

La décision philosophique est une matrice à 2/3 termes, puisqu'elle inclut à la fois la Dyade et l'Un, mais en redoublant l'un ou l'autre de ces termes de façon à ce qu'il assume aussi l'unité de la matrice : ce procédé proprement unitaire caractérise l'auto-position (auto-donation, etc.), le rapport-à-soi, ou si l'on veut la subjectivité fondamentale de la philosophie.