samedi 22 octobre 2011

Laruelle à Londres. 6 et 7 décembre 2011

Source : http://speculativeheresy.wordpress.com/

La London Graduate School organise une série de séminaires avec François Laruelle.

 

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Dès cet hiver donc, le professeur François Laruelle donnera deux séminaires annuels et des ateliers sur la philosophie non-standard à la London Graduate School. Le premier de ces évènements aura lieu en Décembre 2011, et le deuxième en mai 2012.

Le but de ces séances à la LGS sera à la fois de couvrir l'arrière-plan conceptuel de la philosophie non-standard et d'explorer ses conséquences pour la théorie à travers les arts, les sciences et les humanités. Il y aura un séminaire ouvert au public et un atelier pendant la journée ouvert à tous les doctorants travaillant dans ces domaines.

De plus amples informations, y compris toutes les dates, heures et lieux de chaque atelier et du séminaire, seront bientôt disponibles.

jeudi 13 octobre 2011

Dialogue sur l'Un et l'Autre. (Laruelle vs. Sibony)

 

On peut penser que la réflexion éthique issue du judaïsme porte directement sur le statut de l'Un, puis sur le rapport de l'Un et de l'Autre. Pour un post-lacanien comme Daniel Sibony, l'Un de l'homme ou l'essence de l'homme consiste en son être de langage ; l'Un parvient à l'humain en tant que transmis par le langage - donc par l'Autre -, tandis que l'homme n'est Un que transi lui-même par la parole, en tant que "parlêtre". Ici, l'Un judaïque revendique une fraternité originelle avec l'Etre gréco-philosophique : "J'incline à penser que l'Un biblique est le même que l'Un des présocratiques. C'est l'Un de l'Etre. Simplement la Bible en a produit un traitement transmissif, un engendrement historique par lequel le destin d'un peuple se rythme et se mesure au moyen d'évènements d'être qui sont des secousses de cet Un : des façons qu'il a de faire irruption et de se retirer" (D. Sibony, "Réflexions sur l'Un et l'Etre", in La décision philosophique, 7, Osiris, janvier 1989). On nous donne à la fois une définition de l'Un et une approche originale de l'Etre en termes d'évènements unaires et de singularités de langage, l'Etre et l'Un se rejoignant finalement dans la Lettre, version moderne et lacanienne de l'antique Logos. Mais on trouve un refus de distinguer catégoriquement l'Un-de-l'Etre et l'Un-de-l'Autre, tradition grecque et tradition juive, car il faut privilégier avant tout l'écart et la communication entre deux. En fait l'Autre est une variété de l'Etre, qui se décline aussi bien en Même qu'en Autre. L'Un est donc l'Un de l'Etre, et cela justifie à soi seul que l'Un puisse également valoir pour l'Autre. En effet l'Etre étant l'Autre de l'existant, de par la différence ontologique, rien n'empêche l'Un de fonctionner comme Autre tout en continuant de nommer l'Etre, puisque l'Etre est justement cet Autre. Mais peut-on en même temps faire de l'Un l'identité de l'Etre comme Autre de l'existant particulier, et affirmer non loin : "De fait, l'Un est un évènement, un de ces étranges évènements où ce qu'il y a, c'est ce qu'il y avait déjà à l'insu de tous : l'infinie multiplicité de l'Un, sa singularité essentielle" ? N'y a t-il pas en réalité deux conceptions bien hétérogènes ou tout au moins inversées de l'Un, puisque dans un premier temps, pour prouver l'altérité de l'Un on fait appel à l'Etre, supposé distinct de l'étant, et dans un second temps on convoque l'étant dans sa singularité évènementielle ? Sibony soutient les deux en même temps. La première partie de l'argument apparaît nettement gréco-philosophique, axée sur l'opposition de l'Etre et de la différence, tandis que la seconde appartient à un registre plus "moderne", notamment psychanalytique, de la différance et de l'évènement.