samedi 4 février 2012

Le principe de philosophie suffisante et la non-philosophie


Il existe une forme de suffisance propre à la philoso­phie, un véritable principe de philosophie suffisante antérieur à tout principe de raison. Ce principe stipule que, si tout ce qui est réel n’est certes pas rationnel, tout ce qui est réel est philo­sophable et tout ce qui est philo­sophable est réel. On dira en somme que la philosophie est co-consti­tuante du Réel, ou plus simplement qu’elle se prend pour le Réel. Il s’ensuit justement une certaine conception du Réel : celui-ci ne peut pas être Un, sinon il se suffirait à lui-même, il serait absolu et non problé­matique et se passerait de la philosophie. La philosophie a donc besoin du Deux, mais également de l’Un : nous qualifierons d’unitaire cette forme de pensée essentiellement dialectique, procédant toujours par division/synthèse, par unification des dyades. Mais la pensée philo­sophique suppose une dualité plus simple, plus originelle encore : la philosophie d’un côté (l’usage conceptuel du langage) et le philosophe de l’autre (la preuve éprouvée de l’existence de la philosophie) ; c’est pour­quoi toute philosophie est indissociablement une ontologie et une éthique, une théorie et une pratique.