vendredi 27 avril 2012

Le malaise des intellectuels face à l'injustice

François Laruelle invité de l'émission Les Nouveaux chemins de la connaissance (Adèle Van Reeth, Philippe Petit), France-Culture, le 27 avril à 10h

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Présentation de l'émission : " Comment vivre en gardant à l’esprit les images des victimes des guerres industrielles ou de la Shoah ? Comment cultiver la joie au regard des conflits armés en Afrique, des guerres ethniques dans les Balkans, des visages des suppliciés dans les corridors de la mort ? Comment continuer à boire son café ou son thé le matin en ouvrant son journal et en tombant sur des photographies de corps de victimes allongées dans des tranchées de fortune dans un village du Nord de la Syrie ? Comment continuer à aimer en contemplant les corps anéantis par la sécheresse des enfants du Sahel ? Et pourquoi pas les bidonvilles qui ont resurgi comme dans un mauvais rêve aux portes de Paris ? Comment ne pas rêver à ces corps criblés de balles dans les rues de Sarajevo, photographiés par des photographes de guerre à l’époque du siège de la ville, il y a déjà vingt ans ? Les victimes et les massacres sont aujourd’hui des objets d’histoire et il n’est pas un jour où les humiliés et les offensés ne soient invoqués. Il n’est pas un jour où la mauvaise conscience des intellectuels et des gens ordinaires ne soit rappelée à l’ordre. Les victimes de l’Histoire, les victimes de crimes, de viols, mais aussi de catastrophes naturelles envahissent nos esprits et les inquiètent. Que penser de cette victimisation généralisée ? Faut-il y voir une manière de résolution de l’ancienne querelle de l’humanisme ? Faut-il se résoudre à lire les évènements et comprendre la vie humaine à l’aune de la défense des victimes et de leur légitime dignité ?
Ces questions dessinent un horizon d’impensé que François Laruelle a tenté de combler dans un livre hérétique, unique, comparable à nul autre, qui propose pas moins qu’une théorie générale des victimes.
Et pour cause, François Laruelle, né en 1937, auteur de plus de vingt livres, est l’inventeur d’une nouvelle discipline de pensée qu’il nomme la non-philosophie, il est l’inventeur d’une nouvelle science de l’Homme qu’on ne trouve ni aux Hautes Etudes, ni à la Sorbonne, ni au Collège de France.
Nous l’avons invité pour qu’il nous parle de son dernier livre consacré aux victimes. "